Publié le 2025-10-18 09:53:00. Alors que le crédit bancaire aux entreprises connaît une reprise nationale bienvenue après une longue période de contraction, la région de Vénétie fait figure d’exception, enregistrant une baisse significative des prêts, particulièrement dans les provinces de Vérone et Trévise.
Malgré un rebond généralisé observé en Italie depuis le début de l’été, les entreprises de la Vénétie voient leur accès au financement se réduire. Cette tendance inquiétante, qui contredit la dynamique nationale, pénalise particulièrement les petites et moyennes entreprises, déjà fragilisées par des années de restrictions de crédit.
Les données, issues du bureau de recherche de la CGIA (Confédération générale de l’artisanat et des petites entreprises), révèlent qu’entre le 31 décembre 2024 et fin juillet dernier, le volume global des crédits accordés aux entreprises vénitiennes a diminué de 868 millions d’euros, soit une baisse de 1,4 %. Au début de l’année, ces entreprises bénéficiaient de 62,5 milliards d’euros de prêts, un chiffre tombé à 61,7 milliards sept mois plus tard. Aucune autre grande région italienne n’a connu une telle contraction.
Les situations les plus critiques se concentrent dans les provinces de Vérone et Trévise. Au cours des sept premiers mois de l’année, la province de Vérone a vu son stock de prêts directs diminuer de près de 520 millions d’euros (-3,7 %), tandis que la province de Trévise a enregistré une contraction de 432 millions d’euros (-3,3 %). Belluno et Rovigo subissent également des baisses notables, respectivement de 42,1 millions d’euros (-3 %) et 49 millions d’euros (-2,9 %). Padoue n’est pas épargnée, avec une réduction de 271 millions d’euros (-2,4 %). Seules Venise et surtout Vicence tirent leur épingle du jeu, avec des augmentations respectives de 157,8 millions d’euros (+1,8 %) et 287,8 millions d’euros (+2,4 %).
Ce repli dans la région s’inscrit dans un contexte plus large de difficultés d’accès au financement, qui perdure depuis près de 14 ans. La CGIA attribue en partie cette situation aux restructurations bancaires passées, notamment la disparition d’Antonveneta en 2013 et celle de Veneto Banca, Popolare di Vicenza et Banco Popolare en 2017, ayant conduit à une centralisation des décisions de crédit à Milan et Turin. De plus, de nombreuses banques ont tendance à délaisser les prêts aux très petites entreprises, jugés plus coûteux et complexes à gérer que ceux accordés aux grandes entreprises.
Face à ce constat, la CGIA suggère la mise en place d’une ligne de crédit nationale dédiée exclusivement aux micro et petites entreprises. Cette mesure, basée sur les conditions du marché et sans marge de profit pour les banques, permettrait de répercuter uniquement le coût de l’argent fixé par la Banque Centrale Européenne. Une telle initiative agirait comme un levier anticyclique essentiel pour soutenir le tissu productif, particulièrement les entreprises manufacturières vénitiennes, qui représentent une part importante du savoir-faire italien reconnu mondialement.
Malgré ces défis, les banques, et en particulier les banques mutualistes qui constituent une pierre angulaire du système de crédit régional, continuent de jouer un rôle fondamental. Elles demeurent un soutien indispensable à la croissance et à la prospérité des entreprises, permettant aux artisans et aux petits entrepreneurs de maintenir leurs activités, de créer des emplois et de valoriser les produits « Made in Italy ».