Publié le 2025-10-20 09:38:00. Le discounter britannique B&M a annoncé le départ de son directeur financier suite à une erreur comptable de 7 millions de livres sterling, survenant peu après un premier avertissement sur ses prévisions de bénéfices.
- Une erreur dans la comptabilisation de frais de transport a conduit à une révision à la baisse des bénéfices attendus pour l’exercice clos en mars 2026.
- Mike Schmidt, le directeur financier, quitte son poste après la découverte de cette anomalie, bien qu’il reste jusqu’à la nomination de son successeur.
- L’entreprise fait face à une pression accrue sur ses résultats, son titre ayant chuté et ayant déjà alerté sur ses perspectives plus tôt en octobre.
Le détaillant discount B&M, spécialisé dans une vaste gamme de produits allant du bricolage à l’alimentaire pour animaux, a révélé une erreur comptable significative. Celle-ci concerne des frais de transport à l’international, mal enregistrés dans le coût des marchandises vendues suite à une mise à jour de son système d’exploitation. Cette irrégularité se chiffre à 7 millions de livres sterling (environ 8,1 millions d’euros).
En conséquence, les bénéfices ajustés prévus pour l’exercice se terminant en mars 2026 sont désormais estimés entre 470 et 520 millions de livres sterling, un ajustement à la baisse par rapport aux prévisions précédentes de 510 à 560 millions de livres sterling. Pour le premier semestre de l’exercice, B&M anticipe un bénéfice de 191 millions de livres sterling, contre 198 millions de livres sterling précédemment annoncés.
Suite à cette annonce, l’action de la société, cotée sur l’indice FTSE 250, a connu une forte baisse, perdant près de 18 % en début de séance. La valeur de l’action a d’ailleurs déjà diminué de près de 50 % depuis le début de l’année.
Mike Schmidt, le directeur financier dont le départ est acté, restera au sein du groupe jusqu’à ce qu’un successeur soit trouvé. L’entreprise a précisé que le problème système à l’origine de l’erreur avait depuis été résolu. B&M a également annoncé qu’une étude externe indépendante sera commandée afin d’examiner la situation en détail, avec une communication des conclusions lors de la publication des résultats du premier semestre le 13 novembre.
Ce contretemps survient alors que B&M, l’un des plus grands discounters de Grande-Bretagne, est déjà sous pression. La société avait déjà émis un avertissement sur ses bénéfices début octobre. Sous la houlette de son nouveau directeur général, Tjeerd Jegen, arrivé en juin, l’entreprise a lancé un plan de « retour aux sources ». Tjeerd Jegen avait indiqué début octobre que B&M travaillait à réduire ses prix, recentrer ses gammes de produits, améliorer la disponibilité en rayon et redonner un élan à ses magasins.
Pour l’année en cours, B&M s’attend à une évolution des ventes des magasins ouverts depuis au moins un an comprise entre une légère baisse et une faible croissance à un chiffre au Royaume-Uni.
Ce n’est pas la première fois que B&M adresse un avertissement sur ses bénéfices ; cela s’était déjà produit en février et en juin. En juin, la baisse des ventes avait été attribuée à une consommation plus prudente, notamment chez les ménages à faible revenu, clientèle principale de l’enseigne.
Dans une brève déclaration, le conseil d’administration de B&M a souhaité « bonne chance à Mike pour l’avenir ».
Fondée en 1978, B&M est devenue l’une des enseignes les plus dynamiques du Royaume-Uni, en particulier durant la pandémie, sous la direction des frères Arora, Simon et Bobby. Ils avaient acquis l’entreprise en 2004 alors qu’elle ne comptait que 21 magasins régionaux en difficulté, pour en faire un empire de la distribution au Royaume-Uni et en France. B&M est cotée à la Bourse de Londres depuis 2014.
Le groupe exploite 1 270 magasins, principalement au Royaume-Uni, sous les enseignes B&M, Heron Foods et B&M Express. La France compte également 140 magasins B&M.