Publié le [Date du jour]. Le dollar a connu une légère appréciation face au yen ce lundi, tandis que les investisseurs scrutaient les développements politiques au Japon et dans la zone euro. Les inquiétudes persistantes concernant la solidité du système financier américain continuaient de peser sur les marchés.
- Le yen s’est déprécié suite à la quasi-certitude de voir Sanae Takaichi, une conservatrice radicale, devenir la première femme Premier ministre du Japon.
- L’euro a légèrement progressé face au dollar, les tensions politiques françaises s’étant atténuées, bien que la prudence demeure.
- Les marchés boursiers américains ont clôturé en hausse vendredi, rassurés par les déclarations du président américain sur les tarifs douaniers et par les résultats trimestriels des banques régionales.
La perspective de voir Sanae Takaichi prendre les rênes du Japon, soutenue par une nouvelle coalition avec le Parti de l’innovation du Japon (extrême droite), a suscité des craintes parmi les investisseurs quant à une potentielle expansion budgétaire susceptible de fragiliser le yen. « Les acteurs du marché vont désormais surveiller de près les plans budgétaires élaborés par le nouveau gouvernement de coalition », a indiqué Lee Hardman, économiste spécialisé dans les devises chez MUFG. Le dollar s’est échangé à 150,535 yens, en hausse de 0,03 %, après avoir atteint un plus haut de 151,20 plus tôt dans la séance.
Un certain soutien à la monnaie japonaise est cependant venu de Hajime Takata, membre du conseil d’administration de la Banque du Japon. Ce dernier, qui s’était prononcé contre le maintien des taux directeurs inchangés en septembre, a réitéré sa position en faveur d’une reprise des hausses. L’indice boursier japonais Nikkei a clôturé en hausse de plus de 3 %, atteignant un sommet historique. La prochaine décision de politique monétaire de la Banque du Japon est attendue le 30 octobre. La probabilité implicite d’une hausse des taux d’un quart de point est actuellement estimée à 23 % par le marché, selon les données de LSEG.
Dans la zone euro, l’euro a gagné 0,06 % face au dollar pour s’établir à 1,1659 $. Cette progression fait suite à une atténuation des tensions politiques en France, bien que la prudence des investisseurs persiste. Les marchés n’ont pas encore totalement intégré le risque français pour l’euro, la décision du gouvernement de suspendre la réforme des retraites n’offrant qu’un répit temporaire.
Aux États-Unis, les indices boursiers ont terminé la semaine en territoire positif. Les commentaires du président Donald Trump, suggérant que son projet de droits de douane de 100 % sur la Chine ne serait pas économiquement viable, ont rassuré les marchés. Les résultats trimestriels positifs de plusieurs banques régionales ont également contribué à apaiser les inquiétudes concernant la solidité du secteur bancaire. Après une semaine marquée par des signalements de prêts douteux et de fraudes au sein de certaines banques régionales américaines, les investisseurs attendent désormais davantage de publications de résultats pour confirmer l’absence de tensions plus généralisées.
L’indice du dollar américain, qui mesure sa valeur face à un panier d’autres grandes devises, a reculé de 0,047 % à 98,489, après avoir atteint vendredi son plus bas niveau depuis le 6 octobre à 98,025. « Le danger immédiat semble écarté, les investisseurs étant convaincus que les faillites, les créances douteuses et les accusations de fraude sont des incidents isolés et ne reflètent pas des défaillances généralisées au sein du secteur bancaire », a commenté David Morrison, analyste de marché principal chez Commerce Nation.
Cependant, la résilience du dollar américain pourrait être mise à l’épreuve sur plusieurs fronts. Klaus Baader, économiste en chef mondial chez Société Générale Corporate et Banque d’investissement (SGCIB), souligne trois points de vigilance majeurs : « Premièrement, la fermeture du gouvernement nuit à l’activité économique, à la fois directement et indirectement », a-t-il déclaré. « Deuxièmement, les tensions entre les États-Unis et la Chine constituent une deuxième préoccupation majeure. Troisièmement, les droits de douane (à l’importation) déjà en vigueur continuent de se répercuter, ralentissant la croissance du revenu réel des ménages et pesant sur les marges des entreprises », a-t-il ajouté.
Barclays anticipe que la paralysie du gouvernement fédéral américain pourrait se prolonger jusqu’en novembre, en l’absence de catalyseur clair pour y mettre fin dans les prochaines semaines. Cette situation pourrait exacerber les pressions politiques et économiques.
En parallèle, le dollar australien a progressé de 0,39 % à 0,651 $ ce lundi. Cette hausse est alimentée par des données commerciales en provenance de Chine, principal partenaire commercial de l’Australie, indiquant que l’économie chinoise fait preuve d’une résilience appréciable face aux tarifs douaniers américains. Les statistiques officielles ont montré une croissance de 1,1 % de l’économie chinoise au troisième trimestre, dépassant les prévisions, tandis que la production industrielle a également progressé de 6,5 %. Bien que le taux de croissance annuel de 4,8 % représente le rythme le plus lent depuis un an, il permet à la Chine de rester en bonne voie pour atteindre son objectif officiel d’environ 5 %.