Publié le 24 octobre 2025. Le gouvernement irlandais a ordonné une enquête « urgente » suite à une agression sexuelle grave présumée sur une jeune fille placée sous la protection de Tusla, l’agence de protection de l’enfance. Cette affaire, qui touche le cœur des préoccupations concernant la sécurité des enfants, a déclenché des réactions vives au Parlement et auprès du public.
- Une enquête immédiate a été lancée par le Comité national d’examen des incidents graves liés à la protection de l’enfance.
- Le ministre de la Justice a demandé un compte-rendu détaillé sur le statut migratoire de l’agresseur présumé.
- Le Taoiseach a reconnu que l’État n’avait pas rempli son devoir de protéger l’enfant.
C’est la Ministre de l’Enfance, Norma Foley, qui a donné l’instruction au Comité national d’examen, chargé d’enquêter sur les incidents graves concernant les enfants placés sous protection. S’exprimant sur ce « cas très, très préoccupant », Mme Foley a souligné les limites de ses déclarations publiques en raison d’une enquête de la Garda (police irlandaise) en cours. Elle a tenu à exprimer sa profonde empathie envers l’enfant concernée, affirmant que son bien-être était au centre de ses pensées, comme pour l’ensemble du pays.
L’enquête a été officiellement lancée mardi, avec pour objectif de produire « toutes les conclusions ou recommandations nécessaires ». La Ministre a reconnu la promptitude avec laquelle le comité a accepté cette mission.
Interrogée sur sa confiance envers Tusla, Mme Foley a déclaré ne pas avoir de raison d’en douter « à ce stade ». Parallèlement, elle a échangé avec le Ministre de la Justice, Jim O’Callaghan, concernant le statut d’immigration de l’agresseur présumé. M. O’Callaghan a fait savoir qu’il avait exigé un « compte rendu détaillé » du processus de demande d’asile de l’individu, réaffirmant que la « sécurité et le bien-être de la jeune fille » étaient la priorité absolue.
Le Ministre de la Justice a également précisé avoir été informé qu’il n’existait « aucune menace permanente pour la sécurité publique dans la région » et qu’aucune corrélation n’avait été établie par An Garda Síochána entre l’emplacement des centres d’accueil des demandeurs d’asile et les niveaux de criminalité communautaire.
Un homme a comparu devant le tribunal mardi, accusé de l’agression présumée qui aurait eu lieu à Garter Lane, Saggart. L’identité de l’accusé n’a pas été révélée, conformément à la législation protégeant les victimes d’agressions sexuelles.
Face à des appels à manifester près du lieu présumé du crime, Norma Foley a demandé à la population de « laisser le processus suivre son cours ».
Le Taoiseach (Premier ministre), Micheál Martin, a confirmé les détails de l’examen du cas au Dáil (Parlement irlandais). Il a reconnu que l’État avait failli à son devoir de protection envers l’enfant et a annoncé qu’une révision plus large du système de prise en charge étatique était envisagée.
Répondant à Mary Lou McDonald, leader du Sinn Féin, le Taoiseach a précisé que le rapport provisoire sur cette affaire était attendu sous six semaines. Mme McDonald avait soulevé la question de savoir comment un individu faisant l’objet d’un arrêté d’expulsion, signé en mars, pouvait encore se trouver sur le territoire irlandais. Elle a également rappelé d’autres cas d’enfants disparus ou décédés sous protection étatique.
Le Taoiseach a jugé « injuste » de mélanger cette affaire avec d’autres cas similaires, bien qu’il ait reconnu la légitimité des inquiétudes et de la colère suscitées par les faits présumés. Ces préoccupations, a-t-il dit, sont « légitimes ».
L’ensemble du « processus d’immigration » a été critiqué par le député indépendant Michael Fitzmaurice, qui a dénoncé les délais de traitement des demandes, souvent étalés sur plusieurs années, et le dysfonctionnement du système. En réponse, Micheál Martin a expliqué que la procédure d’asile avait été soumise à une « pression énorme ces dernières années », accentuée par la pandémie de Covid-19 et la guerre en Ukraine, entraînant une augmentation significative du nombre de demandeurs. Il a plaidé pour une « procédure plus rapide et plus ferme », soulignant que la majorité des demandeurs étaient des migrants économiques. Il a également indiqué que 3 500 arrêtés d’expulsion avaient été signés cette année, contre environ 2 400 l’année précédente, et que le nombre de demandeurs d’asile était en baisse d’environ 38%.
Le Sinn Féin a demandé une réunion avec les ministres Foley et O’Callaghan pour discuter des questions de sécurité publique. Les députés du parti, Eoin Ó Broin et Mark Ward, ont exprimé la « peur généralisée » ressentie dans la communauté de Saggart et ont pressé les ministères et agences concernés de s’engager « d’urgence » avec la population locale.
Enfin, le Taoiseach a réitéré l’intention du gouvernement de modifier la législation pour conférer une base statutaire au Comité national d’examen, répondant ainsi aux préoccupations du député indépendant Paul Gogarty concernant l’indépendance opérationnelle du comité vis-à-vis de Tusla, son manque d’autorité législative et sa transparence.