Le prestigieux prix Sakharov pour la liberté de conscience, décerné par le Parlement européen, a récompensé cette année deux journalistes emprisonnés : Andrzej Poczobut en Biélorussie et Mzia Amaghlobeli en Géorgie. Ils succèdent ainsi aux opposants vénézuéliens Edmundo González Urrutia et María Corina Machado.
« Ces deux journalistes sont actuellement emprisonnés sur la base d’accusations forgées de toutes pièces, simplement pour avoir exercé leur profession et dénoncé des injustices », a souligné la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola. Elle a ajouté : « Leur courage en fait des symboles de la lutte pour la liberté et la démocratie ».
Le prix Sakharov, créé en 1988 en mémoire du dissident soviétique Andreï Sakharov, distingue chaque année des individus ou organisations œuvrant pour les droits de l’homme et la démocratie. Il est doté d’une bourse de 50 000 euros (soit environ 58 000 dollars).
Mzia Amaghlobeli, 50 ans, est une journaliste géorgienne reconnue pour ses enquêtes sur les détournements de fonds publics et les abus de pouvoir. Co-fondatrice de deux médias indépendants, elle a été condamnée en août à deux ans de prison. Les procureurs ont argué qu’elle avait giflé un policier lors d’une manifestation plus tôt dans l’année. Pour protester contre son arrestation, elle avait observé une grève de la faim de 40 jours. « Ce prix célèbre la lutte pour la démocratie de tout le peuple géorgien », a déclaré la rédaction qu’elle dirigeait à Tbilissi à l’AFP.
Andrzej Poczobut, 52 ans, est un journaliste polono-biélorusse qui fut correspondant à Minsk pour le média polonais Gazeta Wyborcza. Arrêté en 2021 dans le cadre d’une vague de répression visant la presse critique du gouvernement, il a été condamné en 2023 à huit ans de prison pour « atteinte à la sécurité nationale » et « incitation à la haine ». Le rédacteur en chef adjoint de Gazeta Wyborcza, Roman Imielski, a exprimé son espoir auprès de l’AFP : « l’attribution de ce prix marque une nouvelle ouverture, qu’Andrzej Poczobut retrouve sa liberté ».
Parmi les autres candidatures en lice figuraient des organisations humanitaires et des journalistes œuvrant dans les territoires palestiniens, ainsi qu’un mouvement étudiant serbe dont les protestations avaient marqué le pays pendant un an.