L’Europe se penche à nouveau sur la fin du changement d’heure, une idée ancienne qui refait surface
L’Union européenne pourrait bientôt dire adieu au sempiternel changement d’heure saisonnier. Après une première tentative infructueuse en 2018, le dossier refait surface, poussé par un soutien populaire grandissant et une analyse approfondie des impacts négatifs sur la santé et l’économie. L’objectif : stabiliser le temps au sein du bloc pour une meilleure harmonisation.
Une proposition bloquée par les États membres
L’idée d’abolir le passage de l’heure d’été à l’heure d’hiver et vice-versa avait germé pour la première fois en 2018. Soutenue par une large majorité de législateurs européens, la proposition s’était heurtée à l’opposition de certains États membres, freinant ainsi son adoption. Pour rappel, toute loi proposée par la Commission européenne, l’organe exécutif de l’UE basé à Bruxelles, doit obtenir l’approbation du Parlement européen et des gouvernements nationaux.
C’est dans ce contexte que les députés européens ont relancé le débat jeudi, quelques jours seulement avant le prochain changement d’heure. Lors d’une séance au Parlement de Strasbourg, le commissaire européen aux Transports, Apostolos Tzitzikostas, a affirmé la volonté de la Commission de poursuivre l’étude de cette question cruciale.
« La Commission a décidé d’entreprendre une analyse plus approfondie à travers une étude détaillée sur laquelle nous travaillons actuellement, pour soutenir la prise de décision future sur cette question », a-t-il déclaré devant les parlementaires. « Mon objectif est d’aller de l’avant. Le moment est venu d’arrêter enfin les changements d’heure saisonniers chaque année ».
L’Espagne, fer de lance du renouveau du débat
Les recherches actuelles convergent sur les effets délétères du changement d’heure, tant sur l’économie que sur la santé des citoyens. Les précédentes propositions de réforme émanant de Bruxelles laissaient le choix à chaque État membre de déterminer s’il préférait adopter l’heure d’hiver ou l’heure d’été de manière permanente.
Apostolos Tzitzikostas a insisté sur le caractère problématique du système actuel, le qualifiant de « nous affecte tous, frustre la plupart, et même je dirais qu’il nuit aux gens ». L’origine de cette pratique remonte aux années 1970 et à la crise pétrolière, dans un objectif de réaliser des économies d’énergie. Cependant, le commissaire européen a précisé que cette mesure « ne permet plus d’économiser de l’énergie ». En outre, à mesure que le marché intérieur de l’UE se renforce, la coexistence de différentes heures d’été à travers le continent pose des défis aux secteurs de l’énergie et des transports.
Le commissaire a également souligné que cette initiative bénéficiait d’un large soutien populaire. En 2018, près de quatre millions de citoyens des 28 États membres de l’époque avaient exprimé leur adhésion lors d’une consultation publique.
Ce débat du jeudi intervient après que l’Espagne a remis le sujet sur la table dès lundi, lors d’une réunion des ministres européens de l’Énergie, avec le soutien de la Pologne et de la Finlande, selon un diplomate européen. Le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, avait lui-même tweeté lundi dernier : « Changer l’heure deux fois par an n’a plus de sens. Cela permet à peine d’économiser de l’énergie et a un effet négatif sur la santé et la vie des gens ».