Publié le 2025-10-24 18:16:00. La Banque d’Angleterre scrute de près les financements bancaires accordés aux centres de données, moteurs de l’essor de l’intelligence artificielle. L’institution s’inquiète d’une potentielle bulle spéculative et de ses répercussions sur la stabilité financière globale.
- La Banque d’Angleterre enquête sur l’exposition du système bancaire aux centres de données liés à l’IA.
- L’institution craint qu’une bulle spéculative dans ce secteur ne menace la stabilité financière.
- Les valorisations excessives des entreprises liées à l’IA ont déjà été signalées comme un risque.
Selon des informations relayées par Bloomberg, la Banque d’Angleterre a lancé une investigation approfondie concernant les prêts accordés par les établissements bancaires aux infrastructures nécessaires à l’intelligence artificielle (IA). Ce secteur, jusqu’alors considéré comme un investissement d’avenir solide, a connu une ascension fulgurante, notamment portée par des géants comme Nvidia, entraînant une augmentation significative de l’exposition des banques. Les mois précédents, la banque centrale avait déjà émis des avertissements quant à la flambée rapide des valorisations des entreprises opérant dans ce domaine. Elle avait souligné les conséquences potentiellement négatives d’une correction brutale du marché si les attentes optimistes entourant l’impact de l’IA venaient à s’estomper.
Bien que les prêts directs aux entreprises purement dédiées à l’IA demeurent relativement limités, le régulateur britannique redoute une augmentation substantielle des crédits liés à la construction et au financement des centres de données. Si les investissements initiaux ont souvent été financés par fonds propres, la dépendance future à l’égard de l’endettement bancaire devrait croître. Une étude de McKinsey estime qu’environ 5 200 milliards de dollars (environ 4 800 milliards d’euros) seront nécessaires d’ici 2030 pour répondre à la demande engendrée par l’IA. Ce besoin croissant déplace les dépenses des entreprises, passant du recrutement de personnel vers la construction d’infrastructures physiques coûteuses et dont la réutilisation est limitée. Une source proche de la banque centrale, citée par Bloomberg, souligne ce changement : « Nous constatons que les dépenses du secteur se déplacent de la recherche et des talents vers des investissements à forte intensité de capital dans les centres de données, avec un risque croissant de concentration. »
Les données de Bank of America indiquent actuellement un volume d’environ 49 milliards de dollars (environ 45 milliards d’euros) d’obligations adossées à des actifs et de prêts hypothécaires commerciaux liés aux centres de données. La Banque d’Angleterre examine donc attentivement l’exposition indirecte des institutions financières à ces instruments, dans un contexte où l’interconnexion entre le secteur technologique et les marchés financiers devient de plus en plus complexe. La Banque d’Angleterre n’a pas commenté publiquement cette enquête. Cependant, dans un récent article publié sur son blog officiel, ses analystes avaient déjà mis en garde contre les « conséquences systémiques » potentielles d’un enthousiasme débordant pour l’intelligence artificielle, si les valorisations venaient à ne plus refléter adéquatement les risques. L’institution précise : « Si l’enthousiasme actuel se traduit par des valorisations excessives, une déception ultérieure pourrait amplifier les vulnérabilités existantes sur les marchés. »