Publié le 2025-10-25 18:22:00. Moscou a averti l’Union européenne que la confiscation d’avoirs russes gelés pour aider l’Ukraine entraînerait une restitution future « avec intérêts ». L’UE, confrontée à des réticences et à des enjeux juridiques complexes, explore des options de soutien financier, tandis que Kiev presse pour une utilisation rapide de ces fonds.
- La Russie menace de réclamer « avec intérêts » la restitution des avoirs gelés si l’UE décidait de les confisquer.
- Le président de la Douma, Viacheslav Volodine, dénonce une violation du droit international et appelle à une restitution future, y compris de la part des générations futures.
- L’Ukraine, par la voix de son président Volodymyr Zelensky, réclame une utilisation rapide des fonds pour sa défense, mais l’UE reste prudente face aux risques financiers et juridiques.
Viacheslav Volodine, président de la Douma, la chambre basse du Parlement russe, a fermement mis en garde samedi l’Union européenne contre toute décision de confisquer les avoirs russes actuellement gelés. Selon lui, une telle démarche serait assimilée à un « vol » qui obligerait les pays européens impliqués à restituer ces sommes « beaucoup plus importantes », augmentées d’intérêts. M. Volodine a rappelé que de telles actions constitueraient une violation du droit international, réfutant par ailleurs l’idée que la Russie ne récupérerait jamais ces fonds. « Pour ces décisions, non seulement ceux qui les prennent aujourd’hui paieront, mais aussi les générations futures. Personne ne leur pardonnera. Nous exigerons la restitution de ce qui a été volé », a-t-il souligné sur la messagerie russe Max. Il a même suggéré que Moscou pourrait récupérer ces fonds en confisquant les biens des décideurs européens.
La question de l’utilisation des avoirs russes gelés est au cœur des discussions européennes, poussées par le président ukrainien Volodymyr Zelensky. Jeudi, il avait exhorté les dirigeants de l’UE à « prendre une décision le plus tôt possible » afin que ces fonds puissent être « entièrement utilisés pour la défense contre l’agression russe ». Cependant, les Vingt-Sept se sont pour l’instant contentés de demander à la Commission européenne de présenter des « options de soutien financier ». L’un des principaux freins à une décision rapide est la réticence de la Belgique, qui détient une part considérable des quelque 200 milliards d’euros d’actifs russes immobilisés. Bruxelles exige que les risques financiers et juridiques soient partagés entre tous les États membres et que les actifs détenus dans d’autres pays soient également pris en compte.
Fin septembre, la Commission européenne avait formulé une proposition visant à accorder un « prêt de réparation » à l’Ukraine, estimé à environ 140 milliards d’euros. Ce prêt serait financé par les revenus générés par les actifs russes gelés dans le cadre des sanctions. Ces fonds seraient destinés à financer la défense ukrainienne ou à répondre à ses besoins budgétaires. La restitution de ces fonds gelés est également intégrée dans le projet de plan de paix en 12 points pour l’Ukraine, que les Européens comptent présenter prochainement aux États-Unis, sous réserve d’un accord de Moscou pour verser des réparations à Kiev et participer à la reconstruction du pays.