Publié le 28 octobre 2025. Des détenus indonésiens sont activement engagés dans des formations professionnelles au sein de leurs établissements pénitentiaires, produisant des biens destinés à l’exportation et au marché intérieur. Ces initiatives visent non seulement à développer leurs compétences en vue de leur réinsertion, mais contribuent également aux revenus de l’État.
- Des détenus de la prison de Purwokerto fabriquent des nattes envoyées à Hong Kong et des balais exportés vers le Pakistan.
- À Tangerang, d’autres détenus produisent des baskets en maille sous la marque « Rutira », vendues en ligne et commandées par la police.
- Ces activités artisanales et manufacturières font partie de programmes de réhabilitation et de formation professionnelle.
Dans la prison de classe IIA de Purwokerto, dans le centre de Java, le 27 octobre 2025, des dizaines de détenus s’adonnent à un travail assidu. Certains confectionnent des nattes à partir de feuilles de pandan, des produits destinés au marché de Hong Kong. D’autres réalisent des balais, dont certains modèles artisanaux sont exportés vers le Pakistan. Aliandra Harahap, le directeur de l’établissement, souligne que ces activités s’inscrivent dans le cadre de leur formation professionnelle en vue de leur avenir.
L’atelier de Purwokerto collabore avec une coopérative de la ville voisine de Purbalingga, déjà habituée à l’exportation de balais vers le Pakistan. Environ 5 000 balais ont été produits dans un espace de 35 mètres carrés, et ces articles sont également disponibles sur les plateformes de vente en ligne. Fauzen, responsable de la formation et de l’éducation des détenus à Purwokerto, précise que la fabrication de nattes en pandan pour Hong Kong et de bâtonnets pour la crème glacée, utilisés également comme supports pour les nuggets, mobilise d’autres détenus.
Ces détenus reçoivent une gratification mensuelle de 50 000 roupies (environ 3,00 € au taux de change actuel) qu’ils transmettent à leurs familles, certains envoyant jusqu’à 500 000 roupies (environ 30,00 €). Ce travail artisanal contribue également aux recettes non fiscales de l’État, s’élevant à 2 millions de roupies (environ 120,00 €) selon Fauzen.
Parallèlement, à la prison de classe I de Tangerang, une autre facette de la réinsertion professionnelle se déroule : la fabrication de baskets en maille. Le directeur de la prison, Irhamuddin, indique que la production quotidienne atteint 10 à 15 paires, impliquant des dizaines de détenus ayant déjà passé les étapes d’évaluation et de formation. Certains d’entre eux possédaient une expérience préalable dans l’industrie de la chaussure. Lors d’une visite le 27 octobre, des détenus travaillaient à la création de patrons, à la découpe du tissu et à l’assemblage des baskets, qui sont ensuite emballées sous la marque « Rutira ».
Cette production fait partie intégrante du processus de réhabilitation, avec des horaires de travail allant de 8h00 à 17h00. Les détenus y participent volontairement, démontrant une forte motivation à être productifs. Une partie des revenus générés par la vente de ces chaussures est redistribuée : 30 à 70 % reviennent aux détenus et le reste finance le programme. La demande pour ces baskets est réelle, avec une commande de 1 000 paires par la police locale. Les chaussures sont également disponibles en ligne, sur des plateformes telles que Tokopedia et Shopee, sous le nom de « Rutira Bimker Jambe », à des prix oscillant entre 100 000 et 200 000 roupies (environ 6,00 € à 12,00 €). Elles sont commercialisées avec des appellations originales faisant référence à des articles de loi, telles que « Mode décontracté Article 378 » ou « Mode Sportif Article 281 ».