Publié le 2025-10-28 12:01:00. Le conseil d’administration actuel de la compagnie énergétique polonaise Orlen réclame des dommages et intérêts aux anciens dirigeants Daniel Obajtek et Michał Róg pour mauvaise gestion financière et décisions stratégiques préjudiciables à l’entreprise. Cette démarche fait suite à des dissensions antérieures concernant la responsabilité des anciens membres de la direction.
- Orlen accuse ses anciens dirigeants, Daniel Obajtek et Michał Róg, d’avoir occasionné des pertes financières importantes.
- Les griefs portent sur des dépenses privées, une politique tarifaire désastreuse pour les carburants et un contrôle insuffisant des transactions de sa filiale suisse.
- Une tentative précédente de réclamer des dommages a été invalidée par la justice faute de précisions, menant Orlen à faire appel.
La nouvelle direction d’Orlen a déposé des demandes de dédommagement contre Daniel Obajtek et Michał Róg, tous deux ayant quitté leurs fonctions en février 2024. Les accusations portent sur plusieurs faits reprochés : une mauvaise gestion des finances incluant des dépenses considérées comme privées, une politique tarifaire qui aurait entraîné une baisse des prix des carburants et leur pénurie en 2023, ainsi qu’un manque de supervision sur les fonds transférés à la société « fille » Orlen Trading Switzerland. Cette dernière aurait versé l’équivalent d’environ 1,6 milliard de PLN (soit près de 400 millions d’euros) en avances pour du pétrole brut jamais reçu.
Ces allégations visent des faits présumés commis durant le mandat des deux anciens dirigeants, dont les détails n’avaient pas été rendus publics auparavant. Cette nouvelle offensive judiciaire contraste avec une tentative antérieure. En décembre 2024, l’assemblée générale extraordinaire (AGE) d’Orlen avait déjà approuvé la possibilité de poursuivre 13 anciens membres du directoire, dont Obajtek et Róg, en responsabilité. Cependant, cette décision avait été déclarée invalide en mai de cette année par le tribunal de district de Łódź, qui avait pointé un manque de précisions dans la résolution. Orlen a fait appel de cette décision, mais le jugement en appel n’est toujours pas rendu.
L’assemblée générale ordinaire (AGO) d’Orlen de juin dernier avait accordé quitus pour l’exercice 2024 au conseil d’administration et de surveillance actuel, mais a refusé de le faire aux deux instances précédentes, suite aux changements intervenus début février 2024. Ces décisions ont été notamment soutenues par le vote du Trésor public, actionnaire majoritaire.
Parallèlement, la composition du conseil de surveillance d’Orlen évolue. Depuis lundi, il compte 10 membres, incluant le président Wojciech Popiołek et le vice-président Michał Gajdus. Le 27 octobre, dans l’après-midi, Orlen a annoncé dans un communiqué boursier que le ministre des Biens de l’État, agissant pour le compte du Trésor public, avait révoqué Przemysław Ciszak du conseil de surveillance. La composition de cet organe peut varier de 6 à 15 personnes, conformément aux statuts de la société.