Publié le 2024-05-17 10:00:00. Le procureur général du Texas, Ken Paxton, a intenté un procès contre les fabricants de Tylenol, accusant ces entreprises d’avoir dissimulé les risques supposés du médicament pour le développement cérébral des enfants. Cette action en justice survient dans un contexte de débat ravivé sur le lien entre la prise de paracétamol durant la grossesse et les troubles du spectre autistique (TSA).
- Le procureur général du Texas poursuit Johnson & Johnson et Kenvue, accusant de dissimulation des risques liés au Tylenol pendant la grossesse.
- Les fabricants réfutent les accusations, affirmant l’absence de preuves crédibles liant le paracétamol à l’autisme.
- Des organisations médicales majeures soutiennent l’innocuité relative du paracétamol pour les femmes enceintes, soulignant les risques d’une douleur ou fièvre non traitée.
Le procureur général républicain Ken Paxton accuse les sociétés pharmaceutiques d’avoir « trahi l’Amérique en profitant de la douleur et en proposant des pilules quels que soient les risques ». Il soutient que Johnson & Johnson, ancien vendeur du médicament – jusqu’alors seul antidouleur recommandé aux femmes enceintes –, et Kenvue, son fabricant actuel, « ont menti pendant des décennies, mettant sciemment en danger des millions de personnes pour remplir leurs poches ».
En réponse, Kenvue a exprimé sa profonde préoccupation quant à la « perpétuation de fausses informations sur la sécurité de l’acétaminophène », nom générique du principe actif du Tylenol, et à leur impact potentiel sur la santé des femmes et des enfants américains. Le fabricant maintient qu’aucune donnée crédible ne démontre un lien prouvé entre la prise d’acétaminophène et l’autisme, et qu’il évalue continuellement les données scientifiques pertinentes.
Cette affaire s’inscrit dans un climat de controverse ravivée par des déclarations récentes de l’administration américaine. Le mois dernier, Donald Trump avait publiquement conseillé aux femmes enceintes de « se battre comme un diable » pour éviter de prendre du Tylenol. Suite à cela, la Food and Drug Administration (FDA) a émis un avis suggérant aux médecins de limiter son usage, tout en précisant qu’une « relation causale » entre le médicament et l’autisme n’avait pas été établie.
Des organisations professionnelles de médecins soutiennent la position des fabricants. Le Collège américain des obstétriciens et gynécologues a rappelé que l’acétaminophène reste l’une des rares options sûres pour le traitement de la douleur et de la fièvre chez les femmes enceintes, conditions qui peuvent elles-mêmes présenter des risques importants si elles ne sont pas traitées. Le groupe a souligné qu’en plus de vingt ans de recherche, aucune étude fiable n’a conclu que l’usage d’acétaminophène durant la grossesse provoquait des troubles du développement neurologique.
Le dossier judiciaire texan fait écho à une plainte similaire déposée en 2022 par des parents d’enfants atteints d’autisme et de TDAH contre les fabricants de Tylenol. Cette précédente action avait été rejetée par un juge fédéral, qui avait jugé les recherches des témoins experts des plaignants non concluantes.
Ken Paxton, un allié de Donald Trump candidat au Sénat américain, allègue dans sa plainte que Kenvue et Johnson & Johnson « ont délibérément ignoré et tenté de faire taire la science » concernant l’acétaminophène et l’autisme. Le procès vise à obliger les entreprises à cesser toute publicité ou marketing affirmant que le Tylenol est sans danger pour les femmes enceintes.