Publié le 2025-10-28 13:22:00. Une analyse du Wall Street Journal met en lumière le changement d’électorat qui a conduit à la victoire du gouvernement de Javier Milei, tandis que le Secrétaire au Trésor américain salue cette évolution comme un tournant économique.
- Les quartiers populaires, traditionnellement acquis au péronisme, ont marqué leur distance, ouvrant la voie à la victoire de Javier Milei.
- La classe moyenne s’est massivement mobilisée pour soutenir le président et son projet de libéralisation de l’économie.
- Les marchés financiers argentins ont réagi positivement, signe d’un regain de confiance suite aux résultats électoraux.
Le prestigieux quotidien américain Le Wall Street Journal a décortiqué la victoire nette du gouvernement de Javier Milei lors des récentes élections législatives nationales. Selon le journal, les « quartiers marginalisés ont abandonné le péronisme », tandis que la classe moyenne s’est mobilisée « pour sauver » le président. Les médias financiers ont souligné que les votes ayant permis à La Libertad Avanza d’inverser des résultats défavorables, notamment dans la province de Buenos Aires en septembre, étaient motivés par « la crainte des électeurs d’un éventuel retour » du péronisme.
« Les Argentins pauvres, qu’Eva Perón idolâtrait comme le cœur et l’âme du pays, sont restés majoritairement chez eux, exprimant ainsi un sévère reproche au mouvement péroniste qui domine la politique locale depuis 80 ans. Ce sont les électeurs de la classe moyenne qui se sont mobilisés pour sauver Milei et sa révolte en faveur du libre marché », a précisé le WSJ. Le journal rappelle qu’il y a moins de deux mois, le parti de Milei avait subi une défaite de près de 14 points dans la province de Buenos Aires. Le parti, présidé par Karina Milei, a capitalisé sur « la peur des électeurs d’un retour du mouvement péroniste », avertissant que voter à gauche signifiait opter pour une inflation accrue, une dévaluation du peso et une plus grande instabilité financière.
L’analyse souligne également que les représentants péronistes n’ont pas mobilisé leurs bases comme par le passé. « Maires et militants péronistes ont fait peu d’efforts pour persuader leurs partisans les plus fidèles d’aller voter », constate le journal, ajoutant qu’ils « n’avaient guère de raisons de le faire, ayant déjà obtenu leurs sièges lors des élections locales de septembre ».
L’analyse du WSJ a été relayée par Scott Bessent, Secrétaire au Trésor sous l’administration de Donald Trump. Ce dernier a partagé la publication sur X, affirmant que la victoire de Milei mettait « fin à des décennies de mauvaise gestion et de pauvreté ». Bessent a réitéré le rôle de Trump, notant que son soutien au gouvernement de Milei « a fait naître l’espoir d’une solution du secteur privé pour mettre fin à des décennies de mauvaise gestion économique et de pauvreté ». Ce message visait à contraster avec les propos d’une sénatrice démocrate, qu’il a comparée à Eva Perón, qualifiant Elizabeth Warren et les sénateurs démocrates de « péronistes américains ».
Le Wall Street Journal a par ailleurs rappelé que Javier Milei avait, tout au long de la campagne, mis en garde les électeurs contre une possible « vénézuelisation » ou « cubanisation » de l’Argentine en cas de victoire péroniste.
Enfin, le quotidien a souligné la réaction positive des marchés financiers suite à cette victoire. Lundi, les investisseurs ont commencé à acquérir des actifs argentins, entraînant une envolée des actions et des obligations, ainsi qu’un renforcement du peso face au dollar. Cette tendance intervient après des semaines de volatilité, marquées par les inquiétudes des électeurs quant à la capacité de Milei à réformer l’économie et à maîtriser l’inflation.