Publié le 2025-10-29 17:18:00. Les géants du crédit privé Apollo, Ares et Blackstone ont défendu mercredi leurs pratiques devant une commission parlementaire britannique, suite aux faillites récentes de First Brands et Tricolor, niant toute implication directe et critiquant ce qu’ils qualifient de « désinformation » sur leur secteur.
- Blackstone, Apollo et Ares affirment ne pas avoir été exposés aux sociétés américaines en faillite First Brands et Tricolor.
- Les dirigeants du crédit privé estiment que leur secteur a été injustement associé à ces effondrements.
- Les régulateurs, y compris la Banque d’Angleterre, intensifient leur surveillance du marché du crédit privé.
À Londres, des représentants des fonds d’investissement Apollo Global Management, Ares Management et Blackstone ont comparu devant une commission de la Chambre des Lords, chargée d’enquêter sur l’essor des marchés privés. L’objet de cette audition : l’effondrement récent de deux entreprises américaines, First Brands, un fournisseur de pièces automobiles, et Tricolor, un concessionnaire automobile, qui a secoué les marchés de la dette et braqué les projecteurs sur le secteur florissant du crédit privé. Ces faillites ont suscité une inquiétude quant à la solidité du financement non bancaire.
Les dirigeants présents ont fermement démenti que leurs entreprises aient été impliquées dans le financement de ces sociétés au moment de leur chute. Tristram Leach, co-responsable du crédit européen chez Apollo, a souligné que First Brands était « principalement financé » par des prêts publics, généralement orchestrés par les banques traditionnelles. Blair Jacobson, coprésident d’Ares Management, a précisé que seulement 2% du bilan de First Brands, estimé à près de 12 milliards de dollars, était lié au crédit privé.
Daniel Leiter, directeur général de Blackstone, a dénoncé la « désinformation » entourant ces événements, affirmant que son entreprise n’avait aucune exposition aux deux sociétés. Il a argumenté que, contrairement aux banques, les fonds de crédit privé opèrent souvent avec un effet de levier considérablement inférieur, rendant leur risque de contagion plus limité.
Cette audition intervient alors que les autorités de régulation intensifient leur examen du secteur du crédit privé. La semaine dernière, Andrew Bailey, le gouverneur de la Banque d’Angleterre, avait annoncé que la banque centrale envisageait une enquête plus poussée sur ces faillites, y voyant un possible avertissement. La Banque Centrale Européenne (BCE) et d’autres superviseurs expriment également leur souhait d’une meilleure visibilité sur les risques accumulés au sein du « secteur bancaire parallèle », qui comprend notamment le crédit privé.
Bill Winters, PDG de Standard Chartered, a récemment émis l’opinion que les régulateurs devraient plutôt concentrer leur attention sur les banques systémiques, jugées plus risquées que le crédit privé. Questionné sur des informations médiatiques suggérant qu’Apollo aurait pris une position courte sur la dette de First Brands, Tristram Leach n’a pas répondu directement.
Reportage de Tommy Reggiori Wilkes ; Montage par Iain Withers et Elaine Hardcastle.