Publié le 2025-10-30 15:16:00. Le chancelier allemand Friedrich Merz a plaidé pour un renforcement des liens germano-turcs lors de sa visite à Ankara, tout en soulignant les divergences profondes avec le président Recep Tayyip Erdoğan concernant le conflit israélo-palestinien.
- Friedrich Merz a réaffirmé le soutien de l’Allemagne à Israël, tandis que Recep Tayyip Erdoğan a qualifié les actions israéliennes de « génocide ».
- Le chancelier allemand a par ailleurs assuré le président turc du soutien de Berlin à une éventuelle adhésion de la Turquie à l’Union européenne, tout en rappelant les critères à respecter.
- L’Allemagne a donné son feu vert à la vente de 20 avions de combat Eurofighter à la Turquie, une décision qualifiée par Merz de contribution à la sécurité collective de l’OTAN.
Lors d’une conférence de presse commune à Ankara, les divergences entre les dirigeants allemand et turc ont été particulièrement marquées sur le dossier israélo-palestinien. Interrogé par un journaliste turc, le chancelier Friedrich Merz a déclaré qu’Israël, refuge de millions de survivants de l’Holocauste, bénéficiait du soutien indéfectible de l’Allemagne. Il a également rappelé qu’Israël avait agi dans le cadre de sa légitime défense et que le conflit aurait pu cesser si le Hamas avait libéré les otages et déposé les armes. Le président turc Recep Tayyip Erdoğan a vivement réagi à ces propos, s’opposant fermement à la position allemande. Il a accusé Israël de mener un « génocide » à Gaza, affirmant que le Hamas ne possédait pas d’armes nucléaires ou de bombes, contrairement à Israël qui, selon lui, bombardait la bande de Gaza malgré un cessez-le-feu. Ankara entretient des liens avec le Hamas et a joué un rôle dans la négociation d’un récent cessez-le-feu.
Au-delà de ce différend, Friedrich Merz a cherché à renforcer les relations bilatérales, soulignant l’importance stratégique d’un partenariat « bon et plus profond » avec la Turquie. Il a réitéré le soutien de l’Allemagne à une possible adhésion de la Turquie à l’Union européenne, affirmant vouloir « continuer à ouvrir la voie à l’Europe ». Cependant, le chancelier a également rappelé les critères de Copenhague, mentionnant que certaines décisions prises en Turquie ne répondaient pas encore aux exigences européennes en matière d’État de droit et de démocratie, un point qui fait l’objet d’un dialogue.
Sur le plan de la défense, le chancelier allemand a qualifié l’acquisition par la Turquie de 20 avions de combat Eurofighter, pour un montant de 9,1 milliards d’euros, de contribution à la sécurité collective de l’OTAN. Il a souligné les intérêts de sécurité communs face au « révisionnisme militant de la Russie ». Le gouvernement allemand avait donné son accord pour cette vente, alors que l’Allemagne avait précédemment bloqué des livraisons d’avions de combat à la Turquie sous le gouvernement précédent. La Turquie souhaite acquérir un total de 40 Eurofighters.