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Le FBI perquisitionne une société immobilière californienne liée à des prêts bancaires douteux

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Publié le 2025-10-30 17:13:00. Le FBI a perquisitionné les bureaux d’une société d’investissement immobilier californienne, Continuum Analytics, soupçonnée d’être liée à un défaut de paiement de prêts de plusieurs millions de dollars, suscitant des inquiétudes sur le marché du crédit.

  • Le FBI a mené une perquisition le 11 septembre dans les locaux de Continuum Analytics à Newport Beach, en Californie.
  • Cette action s’inscrit dans le cadre d’une enquête criminelle, comme l’indique une lettre d’avocat.
  • Continuum Analytics est une filiale du Cantor Group, qui aurait omis de rembourser environ 160 millions de dollars de prêts à Zions et Western Alliance.

Le mois dernier, le FBI a mené une perquisition dans les bureaux de Continuum Analytics, une société d’investissement immobilier basée en Californie. Cette opération, selon des documents juridiques consultés par Reuters, serait liée aux créances douteuses récemment mises en lumière par les banques Zions et Western Alliance.

Continuum Analytics est une filiale du Cantor Group, un fonds d’investissement moins connu du grand public. Les banques Zions et Western Alliance affirment que ce groupe a fait défaut sur environ 160 millions de dollars de prêts. Cette situation vient jeter un doute supplémentaire sur un marché déjà tendu, sensible aux moindres signes de fragilité dans le crédit aux entreprises.

Des agents du FBI ont fait irruption dans les bureaux de Continuum à Newport Beach, en Californie, le 11 septembre. Cette information émane d’une lettre datée du 12 septembre, rédigée par le cabinet d’avocats Paul Hastings et consultée par Reuters.

Les tentatives de contact avec les représentants de Continuum pour obtenir un commentaire sont restées sans réponse. Le FBI, organisme chargé de l’application des lois fédérales, et le ministère de la Justice n’ont pas non plus donné suite aux demandes de commentaires.

Un avocat représentant le Cantor Group a déclaré que son client avait honoré les termes des prêts accordés à Zions et Western Alliance, sans toutefois commenter l’enquête gouvernementale.

De son côté, le cabinet d’avocats Allen Matkins, représentant d’autres entités liées à Continuum, a indiqué dans un courrier du 2 octobre avoir appris le 11 septembre que certains de ses clients faisaient l’objet de mandats de perquisition. Ces mandats s’inscrivent dans le cadre d’une « enquête criminelle en cours », et un grand jury aurait été convoqué.

Les procureurs ont recours à un grand jury pour rassembler des preuves supplémentaires dans le cadre d’une enquête. Les lettres consultées par Reuters ne précisent pas quelle autorité pénale dirige les investigations, ni les irrégularités potentielles ou les personnes ciblées.

Il est à noter que le lancement d’une enquête criminelle ne présuppose pas la commission d’un crime, et de nombreuses enquêtes n’aboutissent pas à des inculpations.

Reuters rapporte pour la première fois ces perquisitions et l’enquête menée par le FBI. L’examen approfondi des autorités pourrait avoir des répercussions sur un réseau complexe d’investisseurs et de prêteurs liés aux opérations immobilières de Continuum, dont certains sont déjà impliqués dans des litiges civils, comme le suggèrent les documents juridiques et les archives publiques.

Paul Hastings et Allen Matkins représentent des parties prenantes dans un litige immobilier complexe, auquel les lettres font référence. La lettre d’Allen Matkins a été rendue publique dans le cadre d’une procédure judiciaire californienne.

Interrogé par Reuters sur le contenu de la lettre, un avocat de Paul Hastings a déclaré que le cabinet s’efforçait de « clarifier les multiples niveaux de la fraude présumée », sans toutefois fournir de précisions supplémentaires.

Des investisseurs passifs au cœur du dossier Continuum Analytics

Le 15 octobre, Zions a intenté une action en justice contre les garants du Cantor Group, notamment Andrew Stupin et Gerald Marcil, afin de récupérer plus de 60 millions de dollars de prêts commerciaux et industriels impayés. Le lendemain, Western Alliance a annoncé avoir attaqué en justice les fonds Cantor et un autre fonds du même groupe en août, cherchant à recouvrer près de 100 millions de dollars.

Ces deux poursuites allèguent que des informations clés ont été déformées ou dissimulées, constituant ainsi une violation des conditions de prêt. Western Alliance accuse également le Cantor Group de fraude.

Selon une sentence arbitrale de février relative à un litige immobilier, Continuum acquiert et gère des actifs immobiliers en difficulté pour le compte de groupes d’investisseurs, dont Andrew Stupin et Gerald Marcil. Cette sentence a établi que le Cantor Group est exclusivement composé de Deba Shyam, le propriétaire légal de Continuum, et qu’il partage les mêmes bureaux que Continuum.

L’avocat de Cantor, Brandon Tran, qui représente également Andrew Stupin et Gerald Marcil, a affirmé que Cantor avait respecté ses obligations contractuelles et fait preuve de transparence vis-à-vis de ses prêteurs. Il a ajouté que les prêts avaient été audités et examinés de manière indépendante à plusieurs reprises au fil des ans.

Brandon Tran a précisé qu’Andrew Stupin et Gerald Marcil étaient des investisseurs passifs dans Cantor et n’occupaient aucun rôle opérationnel. Dans ses documents juridiques, Cantor a contesté que le prêt de Western Alliance soit en défaut.

Dans un communiqué, Gerald Marcil a déclaré avoir investi dans plusieurs propriétés de Continuum, nié tout acte répréhensible et s’est présenté comme une victime.

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