Publié le 23 octobre 2025. La Jakarta Film Week 2025 a vibré au rythme de la compétition mondiale d’animation, présentant une sélection audacieuse de courts métrages qui ont exploré des thèmes contemporains à travers une diversité de styles et de techniques.
- Le jury a couronné Et grand-mère danserait de Maryam Mohajer, saluant son message puissant sur la solidarité féminine et son audace visuelle.
- Huit œuvres internationales ont concouru, mêlant narration et documentaires, des créations qui invitent à la réflexion sur l’évolution du cinéma d’animation.
- Le programme a couvert des sujets variés, de l’intime aux questions sociétales et environnementales, démontrant la richesse et la profondeur de l’animation contemporaine.
Jeudi 23 octobre 2025, la Jakarta Film Week a consacré une séance particulière à sa Compétition mondiale d’animation. Le public a découvert huit courts métrages internationaux, sélectionnés pour leur originalité et leur maîtrise artistique. Ces œuvres, allant du narratif au documentaire, ont offert un panorama impressionnant des techniques d’animation et des visions cinématographiques, mettant en compétition la mise en scène, la précision de production et l’originalité des réalisateurs. Chaque film a abordé des thèmes d’actualité, invitant à une réflexion globale sur le paysage de l’animation mondiale.
Parmi les films présentés, Et grand-mère danserait (2024) de Maryam Mohajer a ouvert la compétition avec une force visuelle remarquable. Réalisé à l’aide de traits expressifs de pastel à l’huile, ce court métrage adopte le regard d’un enfant sur les femmes de sa vie. Derrière sa simplicité apparente, le film se révèle être un hommage touchant à l’amour, à la perte, à la résilience et à la solidarité entre femmes iraniennes.
Akari Maru a ensuite proposé Trouvez-moi (2025), une pièce mélancolique alliant animation dessinée à la main, collages et photographie monochrome. Le film explore les fragments de souvenirs d’enfance, le manque d’une figure maternelle et la quête d’appartenance.
Le sandwich au salami (2024), signé Clarisa Lea Place, a plongé dans un contexte politique argentin tendu. Utilisant des traits de crayon grossiers sur papier d’archives, le film dépeint la capture d’un guérillero sous le régime militaire, transformant la tension politique en une satire à plusieurs niveaux.
Rebecca Blöcher, avec Maman Micra (2024), a livré une animation semi-documentaire intime. Basé sur des entretiens avec sa mère et enrichi de stop-motion, de photographies et de lettres familiales, le film explore leur relation tout en soulevant des questions sur la liberté et l’identité féminine à travers les générations.
Le ton a viré à l’absurde avec Le blanchisseur (2024) de Nicole Daddona et Adam Wilder. L’histoire de Rita, lancée dans une quête absurde pour retrouver une chaussette perdue, la mène à être transportée dans un autre monde via une machine à laver. Un mélange d’horreur et de comédie pour une expérience surréaliste.
TOEI Animation a présenté Bonbons magiques (2023) de Daisuke Nishio. Ce film suit Dong-dong, un garçon timide qui, après avoir acheté des bonbons, se met à entendre les voix des objets. Une narration simple abordant l’amitié, la famille et l’importance de la communication.
Je suis une fleur (2024) d’Ariel Victor Hartanto a dépeint la transformation d’un enfant, Sam, s’épanouissant vers sa véritable identité. Le film, aux couleurs vibrantes et au mouvement dynamique, aborde la beauté et la tension de la croissance, de l’identité et de la réconciliation, notamment face à l’acceptation parentale.
Enfin, Anges de mer (2024) de Cessi Efriamsson a conclu le programme par une satire environnementale mordante. Face à un océan pollué, les sirènes cherchent refuge sur terre, révélant leur existence. Le film, teinté d’humour noir, interroge la relation complexe de l’humanité avec la nature.
À l’issue des projections, le jury, composé d’Agil Prakoso (directeur d’animation), Reda Gaudiamo (scénariste) et The Popo (artiste), a décerné le prix de la Compétition mondiale d’animation à Et grand-mère danserait. Les jurés ont salué une œuvre à la déclaration forte, à l’approche visuelle audacieuse et expérimentale, et dont le message sur la reconquête de la voix des femmes, soutenues par leurs amies, résonne particulièrement aujourd’hui. Ils ont souligné l’impact de la scène finale, illustrant le bonheur retrouvé grâce à la solidarité.
Avec une sélection équilibrée en termes de forme, de thèmes et d’émotion, la Compétition mondiale d’animation de la Jakarta Film Week 2025 a mis en lumière les nouvelles orientations du cinéma d’animation contemporain, où l’expérimentation et l’empathie convergent pour raconter l’expérience humaine.