Publié le 2025-11-05 10:59:00. Un jeune père suédois est décédé un mois seulement après avoir reçu un diagnostic de cancer de l’estomac, à l’âge de 37 ans. Sa veuve, dévastée, témoigne pour alerter sur la rapidité avec laquelle la maladie peut se déclarer et la nécessité de ne pas négliger les symptômes.
- Le décès de Mikael Arnberg, 37 ans, survient à peine un mois après son diagnostic de cancer de l’estomac.
- Sa femme, Fredrika Eriksson, souhaite sensibiliser à la rapidité de la maladie et à l’importance de consulter un médecin, même en cas de symptômes apparemment bénins.
- Une étude suédoise révèle une augmentation significative des diagnostics de cancer colorectal chez les moins de 50 ans.
C’est fin mai que Mikael Arnberg, 37 ans, a commencé à se plaindre de douleurs abdominales, de flatulences et de reflux acides. Initialement diagnostiqué comme une constipation et traité avec des médicaments en vente libre, son état s’est rapidement dégradé. Quelques jours plus tard, les douleurs se sont intensifiées, s’accompagnant d’un gonflement du ventre et de douleurs dorsales, rendant son déplacement difficile. Une nouvelle consultation médicale a évoqué une possible infection ou inflammation de l’estomac, et une coloscopie a été programmée dans un délai de deux semaines.
Face à l’aggravation des symptômes, le couple a insisté pour obtenir un rendez-vous plus rapide. Quelques heures seulement après avoir recontacté le centre de santé, Mikael a été reçu. Les résultats des examens ont alors révélé une réalité brutale : Mikael souffrait d’un cancer de l’estomac. Une tumeur s’était déjà propagée au péritoine, touchant ainsi d’autres organes vitaux.
La maladie avait déjà métastasé dans les poumons, les ganglions lymphatiques et le côlon. Les médecins n’ont pu proposer qu’une chimiothérapie dans l’espoir de gagner du temps. Le traitement, censé débuter le 14 juillet, était déjà trop tardif. Mikael s’est éteint paisiblement le matin même, le 14 juillet, à l’âge de 37 ans.
« On ne pense jamais que cela peut arriver. Mais ça peut arriver – et cela peut arriver très rapidement », confie aujourd’hui Fredrika Eriksson, le cœur brisé mais déterminée à faire entendre son message.
La rapidité du diagnostic et du décès est d’autant plus frappante que Mikael était décrit comme un homme plein de vie, menuisier de formation, puis ingénieur en calcul, amateur de plein air, de chasse et de pêche. Il travaillait même à la rénovation d’une vieille jeep dans son sous-sol.
La famille est désormais confrontée au deuil. Sune, leur fils de cinq ans, a du mal à comprendre la disparition de son père. « Il me demande parfois si je vais mourir aussi, et il ne veut plus jouer à « maman, papa, enfant » à la crèche », témoigne Fredrika.
Son témoignage est également un appel à la vigilance face à l’augmentation préoccupante des cancers diagnostiqués chez les jeunes. Une étude de l’Institut Karolinska, en Suède, a révélé que trois fois plus de personnes de moins de 50 ans sont diagnostiquées d’un cancer colorectal par rapport au début des années 1990. L’étude souligne également une mortalité élevée, même dix ans après le diagnostic.
Fredrika Eriksson insiste sur l’importance de ne pas minimiser les symptômes, en particulier s’ils sont inhabituels ou persistants. Elle encourage chacun, et surtout les jeunes, à se montrer persévérants auprès des professionnels de santé. « Si vous sentez que quelque chose ne va pas, surtout si vous avez de nouveaux symptômes gastriques, vous devriez consulter un médecin et être persévérant », martèle-t-elle. Elle espère également que le système de santé accordera une plus grande attention aux jeunes patients, même lorsque les symptômes semblent diffus.
Cet article a été initialement publié dans Expressen, journal suédois partenaire de Dagbladet.
Cancer de l’estomac : symptômes, facteurs de risque et pronostic
Le cancer de l’estomac, également appelé néoplasie gastrique, est une tumeur maligne qui prend naissance dans la muqueuse de l’estomac. L’adénocarcinome en est le type le plus fréquent.
Symptômes : perte d’appétit, sensation de satiété précoce, douleurs ou inconfort abdominal, perte de poids, nausées, parfois vomissements, anémie et fatigue.
Pronostic et survie : Souvent diagnostiqué tardivement, le pronostic est généralement réservé. Le taux de survie à cinq ans est d’environ 25 % dans l’ensemble, mais il est nettement plus élevé en cas de détection précoce.
Traitement : Chirurgie en cas de diagnostic précoce, chimiothérapie, parfois immunothérapie ou radiothérapie.
Facteurs de risque : Infection à Helicobacter pylori, tabagisme, alimentation riche en sel ou fumée, antécédents familiaux.
Sources : La Ligue suédoise contre le cancer, Le Conseil national suédois de la santé et du bien-être et Les centres régionaux de cancérologie.