Publié le 2025-11-05 14:01:00. Pékin cherche à faire du Cambodge une plateforme de stockage d’or, un mouvement stratégique visant à consolider son influence sur les marchés mondiaux et à réduire la dépendance au dollar américain.
- Le Cambodge pourrait devenir l’un des premiers pays à confier ses réserves d’or à la Chine, dans le cadre d’un accord de stockage spécifique.
- Cet arrangement vise à diversifier les havres traditionnels comme Londres et à renforcer le rôle de la Chine dans le système financier mondial.
- Il s’agit du stockage de nouvelles acquisitions de lingots, et non du transfert de métaux déjà détenus par les réserves cambodgiennes.
Selon des sources proches du dossier, le Cambodge envisage de déposer une partie de ses réserves d’or dans un coffre-fort enregistré auprès de la Bourse de l’or de Shanghai, situé dans la zone franche de Shenzhen. D’autres nations auraient également manifesté leur intérêt pour une telle démarche, explorant ainsi la possibilité de diversifier leurs actifs au-delà des centres financiers historiques.
Cette initiative s’inscrit dans la stratégie de Pékin de bâtir un système financier international moins tributaire du dollar américain et des institutions occidentales. Bien que la Banque nationale du Cambodge ait évoqué l’étude de « plusieurs emplacements » pour le stockage de son or, elle n’a pas confirmé si la Chine faisait partie des options envisagées. Actuellement, la banque centrale cambodgienne détient environ 54 tonnes d’or, représentant un quart de ses réserves de change.
Les relations entre la Chine et le Cambodge sont solides et de longue date. Dans le cadre de l’initiative « la Ceinture et la Route », la Chine a considérablement contribué au développement des infrastructures cambodgiennes. La Chine détient un tiers de la dette nationale cambodgienne, et les échanges bilatéraux ont atteint un sommet de 15 milliards de dollars l’année dernière.
Parallèlement, les banques centrales du monde entier ont augmenté leurs réserves d’or face aux risques géopolitiques croissants, ce qui a contribué à propulser le métal précieux à des niveaux records. Ces réserves sont majoritairement conservées dans des centres établis tels que le Royaume-Uni, la Suisse et les États-Unis. Néanmoins, certaines banques centrales, comme celles de l’Inde et de la Serbie, ont récemment choisi de rapatrier leurs lingots, estimant que leur détention à l’étranger présentait des risques jugés trop importants.