Home Accueil Un prédicateur du Mississippi abat l’un des derniers singes de laboratoire à avoir échappé à un accident de camion

Un prédicateur du Mississippi abat l’un des derniers singes de laboratoire à avoir échappé à un accident de camion

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Un pasteur de petite ville a abattu l’un des singes rhésus échappés d’un accident de camion survenu il y a deux semaines dans le Mississippi, ravivant les craintes et les débats sur le sort de ces primates. L’animal a été abattu par George Barnett, après avoir été repéré près de chez sa mère, alors qu’un second singe a été abattu par une mère de famille pour protéger ses enfants. Un troisième primate est toujours porté disparu.

L’incident, survenu le lundi 6 novembre, a éclaté alors que la région était encore sous tension suite à un accident survenu le 28 octobre. Un camion transportant 21 singes destinés à des recherches biomédicales avait basculé dans le comté de Jasper. Cet événement a déclenché une véritable chasse aux primates échappés, alimentée par des informations contradictoires quant à leur dangerosité.

George Barnett, pasteur et habitant de Vossburg, a raconté avoir aperçu le singe près d’une bretelle d’autoroute alors qu’il rendait visite à sa mère. « Dès que je l’ai vu, la seule chose à laquelle j’ai pensé était : ‘Et si cette chose attaquait l’une de ces personnes avec qui j’ai grandi, ou mes enfants ?’ », a-t-il expliqué au Département du shérif du comté de Jasper. Armé de son fusil de chasse, M. Barnett a tiré à deux reprises, atteignant l’animal qui s’est effondré avant de s’enfuir dans les bois. Il a affirmé avoir agi par instinct de protection.

Ce geste fait écho à celui de Jessica Bond Ferguson, une résidente de Heidelberg, qui avait abattu un singe la veille, le dimanche 5 novembre, alors qu’elle se trouvait avec son fils de 16 ans. « J’ai fait ce que n’importe quelle autre mère ferait pour protéger ses enfants », a-t-elle déclaré à l’Associated Press.

À ce jour, un seul des trois primates échappés est toujours introuvable, selon le Département d’État de la Faune, de la Pêche et des Parcs, qui a émis une mise en garde quant à son comportement potentiellement agressif.

Les craintes initiales concernant les singes avaient été exacerbées par des informations erronées diffusées juste après l’accident. Le bureau du shérif du comté de Jasper avait alerté sur le risque que les primates soient porteurs de maladies, y compris la Covid-19, l’hépatite C et l’herpès, basant ses déclarations sur des éléments recueillis sur les lieux de l’accident. Ces inquiétudes ont conduit à l’euthanasie de cinq singes près du site de l’accident, une décision que le shérif Randy Johnson a depuis qualifiée d’erreur, confirmant la véracité de la dernière intervention de M. Barnett.

Tulane, l’université impliquée dans le transport des primates, a rapidement précisé après l’accident que les singes « n’avaient été exposés à aucun agent infectieux » et a dépêché une équipe sur place pour apporter son assistance. Treize des 21 primates ont atteint leur destination finale la semaine dernière, selon les informations fournies par l’établissement.

L’incident a également suscité la réaction des organisations de défense des droits des animaux, telles que PETA, qui dénoncent le sort réservé aux animaux utilisés dans la recherche et appellent à une plus grande transparence, notamment par la publication des dossiers vétérinaires des singes. PreLabs, une société de recherche biomédicale, a confirmé être propriétaire des singes et a déclaré coopérer pleinement avec les autorités tout en revoyant ses procédures de sécurité.

Kristen Moore, directrice de la faune au zoo de Hattiesburg, a exprimé sa compréhension des inquiétudes du public, tout en conseillant de suivre les recommandations des autorités. Elle a rappelé que les primates, originaires d’Asie, préfèrent généralement la fuite à l’attaque et qu’ils sont principalement herbivores, minimisant ainsi les risques pour les animaux domestiques.

George Barnett, par ailleurs chasseur expérimenté d’écureuils et de cerfs, a décrit la scène où sa femme, Kerri, lui a signalé la présence du singe. L’animal, qu’il a estimé peser entre 17 et 20 kg (les singes mesurant généralement entre 8 et 9 kg, selon Mme Moore), s’était réfugié dans un arbre. Après ses tirs, l’animal est tombé au sol et s’est enfui. M. Barnett n’a pas poursuivi sa course. Un couple se trouvant dans un camion blanc, apparemment employés par la société de transport, est rapidement arrivé sur les lieux et a tenté de retrouver le primate à l’aide d’une trace de sang et d’un drone thermique.

La scène a été documentée en vidéo par Kerri Barnett sur Facebook Live, suscitant des réactions mitigées, mais M. Barnett estime avoir pris la bonne décision. « Ils ne sont pas proches d’ici, donc ils n’ont pas cette peur », a-t-il commenté à propos des critiques reçues.

Au sein de son église à Buckatunna, distante d’une quarantaine de kilomètres, l’annonce de son intervention a été accueillie avec enthousiasme. Il s’attend à devoir répondre à quelques questions lors de son prochain sermon. Dans la ville voisine d’Heidelberg, le maire Robert Barnett (sans lien de parenté avec George) a fait état d’un certain humour local face à la situation, avec des blagues circulant sur les réseaux sociaux. Il a tenu à rassurer ses concitoyens, indiquant qu’aucune quarantaine n’était en vigueur.

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