Home Économie Contestation devant la Haute Cour de la levée du sursis sur le projet d’amélioration du train Dublin-Belfast de 650 millions d’euros

Contestation devant la Haute Cour de la levée du sursis sur le projet d’amélioration du train Dublin-Belfast de 650 millions d’euros

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Une contestation judiciaire de l’attribution d’un contrat de 650 millions d’euros pour le remplacement du matériel roulant du service ferroviaire Dublin-Belfast pourrait coûter jusqu’à 165 millions d’euros de financement européen. La Haute Cour a accordé un sursis à statuer sur cette affaire urgente.

  • Un litige devant la Haute Cour menace de priver le projet de modernisation du train Dublin-Belfast d’un financement européen conséquent.
  • Le juge Mark Sanfey a ordonné un sursis à statuer, suite à une requête déposée par Irish Rail et Northern Ireland Railways.
  • L’appel d’offres, remporté par l’entreprise suisse Stadler Busnang AG, est contesté par le soumissionnaire écarté, la société espagnole CAF.

Le projet de renouvellement du matériel roulant pour le service ferroviaire reliant Dublin à Belfast, d’une valeur de 650 millions d’euros, se retrouve au cœur d’une bataille juridique qui pourrait avoir des conséquences financières majeures. Une procédure devant la Haute Cour a été lancée, suscitant des inquiétudes quant à la possible perte de près de 165 millions d’euros de fonds européens destinés à ce programme d’envergure.

La demande de sursis à statuer a été déposée par Iarnród Éireann-Irish Rail et Northern Ireland Railways Co Ltd, les opérateurs actuels du service. Le litige porte sur le processus d’appel d’offres pour le remplacement de la flotte vieillissante du train Enterprise. Ce matériel roulant, rénové globalement en 2015, atteint en effet la fin de sa durée de vie de 30 ans d’ici fin 2027, nécessitant des investissements substantiels pour garantir la continuité et la sécurité du service.

Le soumissionnaire non retenu, Construcciones Y Auxiliar De Ferrocarriles (CAF) SA, a contesté la décision, invoquant des irrégularités potentielles dans le processus d’attribution et la réglementation européenne en matière de marchés publics. Cette contestation entraîne automatiquement une suspension de l’attribution du contrat, sauf décision contraire du tribunal. Selon les allégations d’Irish Rail, CAF pourrait figurer sur une liste noire des Nations Unies relative aux entreprises opérant dans les territoires palestiniens occupés.

Le contrat, attribué le 18 septembre à Stadler Busnang AG, une société basée en Suisse, vise à moderniser une ligne essentielle pour l’économie insulaire. Peter Smyth, ingénieur en chef chez Irish Rail, a souligné dans une déclaration écrite l’importance de ce service pour les 3,3 millions d’habitants vivant à moins de 60 km de la ligne. Le projet ambitionne d’établir un service horaire entre les deux capitales, doublant ainsi la fréquence actuelle de huit à seize liaisons quotidiennes. Il prévoit également le remplacement des rames « non-Enterprise », jugées moins performantes et moins appréciées des passagers.

Ce nouvel investissement devrait augmenter considérablement la capacité du réseau, permettant d’assurer quatre millions de voyages de passagers par an d’ici 2030, avec une projection de 2,4 millions de voyages d’ici 2033. Les nouveaux trains atteindront également des vitesses plus élevées que le service actuel, dont la vitesse maximale est de 145 km/h (90 mph).

Le financement du projet est assuré conjointement par le gouvernement irlandais, le ministère des Infrastructures d’Irlande du Nord et plusieurs programmes de financement de l’Union européenne, tels que PEACEPLUS, PEACE IV et INTERREG VA. Une enveloppe pouvant atteindre 165 millions d’euros doit provenir de ces programmes européens, mais sous la condition expresse que le projet soit finalisé avant le 31 décembre 2029. Passé cette date, les coûts non couverts deviendraient inéligibles au remboursement.

Il a été révélé lors de la procédure d’appel d’offres qu’aucun soumissionnaire ne semblait en mesure de livrer l’intégralité des huit rames Enterprise prévues dans les délais impartis. L’Union européenne aurait toutefois accepté le financement en s’appuyant sur l’engagement du soumissionnaire retenu à disposer de quatre rames opérationnelles avant l’échéance. En cas de non-obtention du financement européen, la charge de combler le déficit reviendrait aux départements gouvernementaux irlandais et nord-irlandais concernés.

Lors de la requête devant la Haute Cour, Catherine Donnelly SC, représentant les défendeurs, a insisté sur l’urgence de la situation, évoquant la menace de perte du financement européen et les contraintes temporelles du contrat. Johnathan Newman SC, avocat de CAF, a consenti à l’inscription de l’affaire, tout en exprimant sa surprise quant à l’argument de la perte de financement européen, qui lui semblerait contradictoire avec le système de notation de l’appel d’offres. Son client conteste non seulement des erreurs présumées dans l’évaluation de son offre, mais aussi le manque de clarté des documents de consultation.

Le juge Mark Sanfey a reconnu la possibilité d’une procédure accélérée et a ajourné l’audience de deux semaines, tout en promettant d’étudier la possibilité d’une audience rapide.

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