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Trump veut le départ de Maduro du Venezuela. Va-t-il appuyer sur la gâchette ?

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Washington s’intensifie face au Venezuela : une intervention militaire américaine plane, mais sans précipitation

Les signaux se multiplient : Donald Trump désire le départ du président vénézuélien Nicolás Maduro, mais privilégie une approche progressive, loin d’une guerre aux conséquences potentiellement imprévisibles. Jusqu’à présent, l’action américaine s’est limitée à des frappes ciblées sur une douzaine de navires accusés par la Maison Blanche de transporter des stupéfiants vers les États-Unis. Ces drogues, selon le président américain, « détruisent des familles dans tout notre pays ».

Interrogé sur une possible implication militaire directe, Donald Trump a déclaré dans une interview accordée à 60 Minutes le 2 novembre : « Je ne pense pas. Mais ils nous ont très mal traités. » Ces dernières semaines, des frappes américaines contre des navires ont fait 69 victimes dans les Caraïbes et le Pacifique oriental. Parallèlement, les États-Unis ont considérablement renforcé leur présence militaire dans les Caraïbes, y déployant un groupe aéronaval et positionnant une importante capacité de frappe navale ainsi que des troupes à proximité des côtes vénézuéliennes.

La prochaine étape pourrait viser des cibles au Venezuela considérées par l’administration Trump comme des centres névralgiques du trafic de drogue. « Je ne vais pas vous dire ce que je vais faire avec le Venezuela, si je devais le faire ou si je ne le ferai pas », a précisé le président américain lors de la même interview. En outre, des responsables américains auraient indiqué au New York Times le mois dernier que l’administration Trump avait « secrètement autorisé la CIA à mener des actions secrètes au Venezuela ».

Bien que le Venezuela ne soit qu’un acteur mineur dans le trafic de drogue à destination des États-Unis, l’ligne dure adoptée par Washington séduit la base électorale « MAGA » de Trump ainsi que certains partisans latino-américains, qui estiment que les États-Unis se montrent trop indulgents envers les gouvernements de gauche en Amérique latine, à l’instar de celui de Maduro. Ce dernier est au pouvoir depuis la mort de Hugo Chávez en 2013 et est accusé d’avoir truqué les élections de 2024.

Dans ce contexte, la pression américaine croissante semble viser à convaincre l’entourage de Maduro que le coût de la fidélité au président vénézuélien est devenu trop élevé. L’objectif serait de le pousser à le renverser de l’intérieur, afin d’éviter une escalade militaire. Si ces tactiques échouent, l’administration Trump pourrait envisager de cibler Maduro directement.

Une action visant Maduro au sein des services de sécurité vénézuéliens ouvrirait la voie à des négociations américano-vénézuéliennes. Celles-ci pourraient aboutir au remplacement du président actuel par un membre de son cercle, potentiellement issu des forces armées. Un tel scénario apaiserait les tensions avec Washington. Dans une hypothèse moins probable, certains segments de l’armée pourraient soutenir les leaders de l’opposition, tels que María Corina Machado et Edmundo González, ou exiger de nouvelles élections, malgré la méfiance profonde de l’armée envers l’opposition.

Cependant, négocier avec l’entourage de Maduro reste la voie la plus sûre pour éviter la guerre. Le Parti Socialiste Uni du Venezuela (PSUV), au pouvoir, contrôle toutes les institutions clés du pays, y compris la compagnie pétrolière publique, PDVSA, sa principale source de revenus. Pour obtenir le départ de Maduro, les services de sécurité exigeraient des garanties quant à leur sécurité, leur maintien au pouvoir et leur accès aux richesses nationales. Une médiation internationale pourrait crédibiliser ces engagements de la part de l’administration Trump.

Les hauts responsables militaires vénézuéliens sont conscients que Maduro utilise les services de renseignement cubains pour espionner ses propres généraux. Par conséquent, toute action contre le président risque une répression sévère. Pour les inciter à agir, les États-Unis pourraient cibler des figures clés du régime, comme le ministre de l’Intérieur Diosdado Cabello, pour lequel une récompense de 25 millions de dollars américains est offerte, dans le but de pousser d’autres à agir.

Donald Trump sait que ne pas parvenir à destituer Maduro pourrait lui être préjudiciable. De plus, une intervention militaire directe des États-Unis pourrait rapidement rendre la situation incontrôlable, forçant le président américain à prendre des décisions qu’il préférerait éviter. Un vaste chaos social pourrait priver Trump de toute influence sur les responsables à Caracas. Compte tenu de la réticence probable de la Maison Blanche à engager des troupes américaines pour maintenir l’ordre, Trump pourrait se retrouver tenu responsable des éventuelles violences, alors que l’armée et les services de sécurité vénézuéliens tenteraient de contenir les risques de guerre civile.

La décision finale incombera au président américain, d’autant qu’une tentative de limiter ses pouvoirs de guerre a échoué au Sénat. Bien que Donald Trump semble favoriser une stratégie de pression accrue, rien n’indique encore qu’il ait arrêté une approche unique pour atteindre ses objectifs.

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