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Les options dont disposent les Vénézuéliens aux États-Unis pour éviter l’expulsion après avoir perdu le TPS

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Publié le 2025-11-07 17:04:00. Près de 250 000 Vénézuéliens aux États-Unis se retrouvent dans une situation précaire après l’expiration du statut de protection temporaire (TPS). Cette mesure humanitaire, prolongée par une décision de justice et le gouvernement Trump, a pris fin, laissant de nombreuses familles dans l’incertitude quant à leur avenir.

  • L’expiration du TPS prive près de 250 000 Vénézuéliens de leur statut légal aux États-Unis.
  • Des milliers de familles craignent désormais l’expulsion, se retrouvant dans un vide juridique.
  • Des options juridiques existent pour éviter la déportation, mais elles sont complexes et souvent difficiles à obtenir.

Depuis ce vendredi minuit, le sort de près de 250 000 Vénézuéliens résidant aux États-Unis est devenu incertain. Le Statut de Protection Temporaire (TPS), une mesure humanitaire leur octroyant une protection migratoire, a expiré, suite à un arrêt de la Cour suprême et à la décision du gouvernement Donald Trump. Cette fin de programme laisse des milliers de familles dans un vide juridique, confrontées à la menace imminente d’expulsion.

Selon les estimations officielles, près de 350 000 Vénézuéliens avaient déjà perdu leur protection il y a quelques semaines. Désormais, le reste des bénéficiaires initiaux, dont le statut était valide jusqu’en 2021, fait face au même scénario. Les services de citoyenneté et d’immigration des États-Unis (USCIS) ont été clairs sur leur site internet : « Si vous êtes étranger et êtes actuellement bénéficiaire du TPS pour le Venezuela, vous devez vous préparer à retourner au Venezuela si vous n’avez pas d’autre base légale pour rester aux États-Unis. »

« En se retrouvant sans statut, ils se retrouvent sans aucune possibilité de conserver la protection de l’immigration. Ils pourraient alors être arrêtés et faire l’objet d’une procédure d’expulsion », a alerté Haim Vásquez, avocat spécialisé en droit de l’immigration, auprès de CNN. Il a cependant précisé qu’un petit groupe de bénéficiaires conserve une protection temporaire jusqu’en 2026. Cette situation découle d’une incertitude concernant la prolongation des documents pour un « petit groupe qui a soumis son renouvellement entre le 17 janvier et le 5 février 2025 », dont les permis de travail resteront valables jusqu’en octobre 2026.

Quelles sont les options pour éviter l’expulsion ?

Face à cette situation, la National TPS Alliance, une organisation soutenant les immigrants bénéficiaires du TPS, recommande vivement aux personnes concernées de consulter un avocat spécialisé en droit de l’immigration afin d’analyser les démarches spécifiques à chaque cas.

Demander l’asile politique représente une voie possible pour certains. Cependant, Haim Vásquez souligne que nombreux sont ceux qui ne remplissent pas les conditions légales, lesquelles exigent de prouver une persécution ou une crainte fondée sur des motifs politiques ou sociaux. Il a rappelé que les critères d’admission ont été durcis par l’administration Trump, qui a ordonné aux juges de rejeter les dossiers d’asile jugés « déficients ».

De nombreux migrants se retrouvent dans une position délicate, n’ayant pas demandé l’asile à leur arrivée ou l’ayant fait plusieurs années plus tard, ce qui complique leur situation. Bien qu’ils puissent arguer d’un changement de circonstances au Venezuela, cet argument entrerait en contradiction avec la position officielle de Washington. Par ailleurs, certains Vénézuéliens ayant perdu leur TPS ont une demande d’asile en attente depuis longtemps, mais sans statut, une décision judiciaire défavorable les exposerait immédiatement à une expulsion.

CNN a détaillé l’existence de deux types d’asile : l’asile affirmatif, pour ceux qui ne font pas l’objet de procédures d’expulsion, et l’asile défensif, une procédure devant un juge de l’immigration. Une autre possibilité est la demande de visa U, un statut de non-immigrant destiné aux victimes de certains crimes ayant subi des violences physiques ou mentales, et qui coopèrent avec les autorités dans le cadre d’enquêtes ou de poursuites. Ce visa, qui requiert une certification d’un organisme d’application de la loi attestant de la coopération, offre une protection juridique, un permis de travail et, à terme, la possibilité de demander la résidence permanente.

Enfin, selon CNN, le mariage avec un citoyen américain est une autre option. La loi fédérale stipule qu’une personne sans papiers épousant un citoyen américain doit d’abord demander une libération conditionnelle avant de pouvoir solliciter la résidence légale. Ce processus peut impliquer un départ temporaire des États-Unis, et pour beaucoup, le retour au Venezuela représente un risque majeur.

« Nous continuerons à nous battre pour vous tous »

Adelis Ferro, directrice exécutive du Venezuelan American Caucus, une organisation dédiée à la défense des droits des citoyens vénézuéliens-américains, a affirmé jeudi sur Instagram que malgré la situation, ils maintiendraient leur lutte pour chaque migrant. « Nous n’avons pas arrêté de nous battre depuis un jour et nous n’arrêterons pas. Ceux qui décident de rester aux États-Unis : nous n’allons pas vous abandonner et nous continuerons à nous battre pour vous tous. Je le jure », a-t-elle déclaré.

Elle a reconnu que la situation de nombreux migrants vénézuéliens est « très cruelle et inhumaine » et que nombre d’entre eux ignorent la marche à suivre. Elle leur a donc conseillé de solliciter l’aide d’avocats spécialisés en droit de l’immigration. « Il est préférable de rechercher d’autres avantages en matière d’immigration », a-t-elle ajouté.

Chargement d’une publication Instagram…

Le TPS a été institué en 1990 par le Congrès des États-Unis pour les personnes qui seraient confrontées à des situations extrêmes si elles étaient contraintes de retourner dans leur pays d’origine. Cette mesure leur permet de séjourner et de travailler temporairement aux États-Unis, pour une période initiale de 18 mois, renouvelable si le gouvernement estime que les conditions qui ont motivé l’émigration persistent.

Le Venezuela avait été inclus dans le TPS en 2021 en raison des « conditions extraordinaires et temporaires » empêchant le retour sécurisé de ses citoyens. Cependant, l’administration Trump a jugé cette année que, « bien que certaines conditions puissent persister », le pays avait montré des « améliorations remarquables dans plusieurs domaines ».

Sans le TPS, les Vénézuéliens perdent automatiquement leur permis de travail, leur permis de conduire et leur accès aux services de base.

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