Publié le 6 février 2026 à 08h46. Des accusations choquantes de dopage impliquant des injections dans la région génitale secouent les Jeux olympiques d’hiver de Milan et Cortina, suscitant l’inquiétude de l’Agence mondiale antidopage (AMA).
- Des allégations font état de l’injection d’acide hyaluronique par des cavaliers de saut d’obstacles pour modifier les mesures de leurs combinaisons.
- L’affaire, surnommée « Penisgate » par certains médias, a été soulevée par le journal britannique The Guardian.
- L’AMA a ouvert une enquête et met en garde contre les risques pour la santé liés à de telles pratiques.
L’Agence mondiale antidopage (AMA) est confrontée à une affaire particulièrement troublante aux Jeux olympiques d’hiver de Milan et Cortina. Des rumeurs persistantes évoquent le recours à des injections d’acide hyaluronique dans la région génitale par certains cavaliers de saut d’obstacles. L’objectif serait de gonfler temporairement le volume de cette zone afin de manipuler les mesures utilisées pour la conception des combinaisons, et ainsi obtenir un avantage compétitif.
L’affaire, rapidement baptisée « Penisgate » par certains médias, a pris de l’ampleur après des publications dans le journal britannique The Guardian. Selon les allégations, les athlètes chercheraient à modifier les mesures de l’entrejambe lors des scans 3D du corps, qui servent de base à la fabrication des combinaisons. En augmentant artificiellement ce volume, ils pourraient obtenir une combinaison plus ample que ce que la réglementation autorise.
Plusieurs grands journaux, dont The Times, Daily Mail et Telegraph, ont également couvert cette affaire qui suscite l’indignation dans le monde sportif.
Le président de l’AMA réagit avec circonspection
Witold Banka, le président de l’AMA, a été interpellé sur ces accusations lors d’une conférence de presse jeudi. Originaire de Pologne, nation réputée pour son excellence en saut d’obstacles, il a réagi avec un sourire ironique, tout en soulignant la gravité de la situation.
« Le saut d’obstacles est très populaire en Pologne, donc je promets d’y réfléchir », a déclaré Banka, cité par The Guardian.
C’est le journal allemand Bild qui a initialement révélé l’affaire, déclenchant une onde de choc dans le milieu sportif.
Le scandale survient dans un contexte où le saut d’obstacles a déjà été entaché par des controverses liées à la tricherie. En 2025, les sauteurs norvégiens Johann André Forfang et Marius Lindvik avaient été suspendus pour trois mois après la découverte de coutures non réglementaires dans leurs combinaisons lors des Championnats du monde de Trondheim, un incident qui avait déjà provoqué un vaste scandale.
Des études scientifiques démontrent que même de légères modifications peuvent avoir un impact significatif sur les performances. Une augmentation de la circonférence de la combinaison de seulement deux centimètres peut réduire la traînée de quatre pour cent et augmenter la portance de cinq pour cent, ce qui peut se traduire par un gain de près de six mètres en saut.
Les experts mettent en garde contre les risques pour la santé liés à ces injections non médicales. Le journal Bild a consulté le médecin Kamran Karim, qui a souligné les dangers potentiels de telles interventions.
« Si cela entre dans la catégorie des agents améliorant la performance ou des méthodes qui nuisent à la santé des athlètes et violent l’esprit du sport, cela sera considéré comme du dopage », a affirmé Olivier Niggli, le directeur général de l’AMA.
Pour l’heure, aucun athlète n’a été formellement accusé, mais l’enquête de l’AMA se poursuit et les inspecteurs sont sur le qui-vive lors des épreuves de saut à ski des Jeux olympiques d’hiver de Milan et Cortina.
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