Publié le 6 février 2026 à 18h42. Le Vietnam pourrait se tourner vers le chasseur français Rafale pour moderniser sa flotte aérienne, marquant un potentiel tournant dans sa politique de défense et une diversification de ses partenariats militaires traditionnellement axés sur la Russie.
- Le Vietnam envisage l’acquisition de Rafale pour diversifier ses équipements militaires.
- Un pilote vietnamien a déjà eu l’opportunité de tester l’appareil français.
- Cette démarche s’inscrit dans un contexte régional de concurrence accrue entre les offres d’armement occidentales et chinoises.
Hanoï étudie sérieusement l’option d’acquérir des Rafale, selon des informations rapportées par L’Express. Des discussions avancées ont déjà eu lieu, allant jusqu’à un vol d’essai effectué par un pilote vietnamien aux commandes du chasseur français. Un détachement de l’armée de l’air française, équipé de Rafale, avait d’ailleurs effectué une escale au Vietnam en 2018, un signe précurseur de cet intérêt croissant.
Un éventuel accord revêtirait une forte dimension symbolique. La France a exercé son influence sur l’Indochine française jusqu’en 1945, date de la déclaration d’indépendance du Vietnam. L’acquisition de Rafale, plus de sept décennies après la fin de cette période coloniale, signalerait une réinitialisation significative des relations en matière de coopération industrielle de défense entre les deux pays.
L’armée de l’air vietnamienne s’appuie actuellement principalement sur des appareils de conception russe. Son parc est constitué d’environ 45 chasseurs Su-27 et Su-30, complétés par des avions plus anciens, les Su-17 et Su-22, dont la modernisation devient un enjeu majeur face aux exigences des combats modernes. La formation des pilotes et les missions secondaires sont assurées par des avions d’entraînement tels que le L-39NG et le Yak-130.
Le Rafale apparaît comme une option multirôle occidentale capable de compléter progressivement les appareils vieillissants sans pour autant remplacer immédiatement la flotte de Su-30. Toute évaluation se déroulera vraisemblablement de manière discrète, impliquant des échanges techniques et opérationnels conformes aux procédures standard en matière d’acquisition militaire.
L’intérêt vietnamien s’inscrit dans un contexte régional où la Chine propose activement le Chengdu J-10CE aux pays voisins comme alternative aux appareils occidentaux. Une orientation vers le Rafale témoignerait de la volonté de Hanoï de diversifier ses sources d’approvisionnement plutôt que d’accroître sa dépendance à un seul partenaire stratégique.

Ces dernières années, le Vietnam a renforcé ses liens de défense avec les pays occidentaux, notamment avec la livraison récente de 12 turbopropulseurs Beechcraft T-6C destinés à la formation initiale des pilotes.
Par ailleurs, l’Indonésie a déjà commandé 42 chasseurs Rafale, renforçant la présence de l’appareil français en Asie du Sud-Est. Un accord avec le Vietnam consoliderait davantage l’empreinte de Dassault et témoignerait d’un changement plus large dans la stratégie de Hanoï en matière de partenariats dans le domaine de la puissance aérienne et de la défense.