Publié le 7 février 2026. Les Jeux olympiques d’hiver de Milan et Cortina d’Ampezzo sont l’occasion de revisiter l’histoire des liens entre l’Italie du Nord et les personnalités hongroises, des scientifiques aux artistes, en passant par les sportifs et les voyageurs du XIXe et XXe siècles, à travers les archives de Fortepan.
- Les Jeux olympiques d’hiver 2026 se déroulent à Milan et dans les stations alpines environnantes.
- Les archives de Fortepan révèlent la présence de Hongrois dans la région alpine depuis le XIXe siècle.
- Des figures hongroises notables, comme des scientifiques, des alpinistes et des artistes, ont marqué l’histoire de cette région.
Les Alpes italiennes accueillent à nouveau les athlètes des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver, deux décennies après leur dernière apparition dans cette région. L’ouverture des Jeux a eu lieu à Milan au moment de la publication de cet article, et les compétitions se dérouleront dans huit communes différentes. Les photographies conservées par Fortepan témoignent d’une longue histoire de présence hongroise dans cette région, bien avant les compétitions sportives.
Au milieu des paysages pittoresques des Dolomites, la petite ville de Predazzo attend les sauteurs à ski. Un petit hôtel, l’Albergo Nave d’Oro, visible sur certaines photographies, a marqué les mémoires locales, malgré les transformations urbaines des années 1960. Au XIXe siècle, les Dolomites étaient une destination prisée des scientifiques et des artistes, attirés par leur mystère et leur nature sauvage. Des figures comme le naturaliste berlinois Alexander von Humboldt, le géologue français Déodat de Dolomieu, et le minéralogiste hongrois Andor Semsey y ont séjourné, trouvant refuge dans cette modeste auberge. Les registres de l’hôtel, conservés au musée géologique de Predazzo, sont accessibles sur le site du musée.
Andor Semsey a fait don de seize roches collectées à Predazzo au Musée national à la fin du XIXe siècle. À cette époque, Loránd Eötvös, physicien et passionné d’alpinisme, a également exploré ces montagnes, comme en témoignent les photographies de Fortepan. Il a gravi le Mont Rose (4 638 mètres), la deuxième plus haute montagne d’Europe, et un sommet des Dolomites porte même son nom depuis 1902. Les journaux de l’époque relataient les dangers de la montagne, les avalanches bloquant les routes et les difficultés rencontrées par les alpinistes.
Cortina d’Ampezzo, autre lieu de compétition des Jeux olympiques, a également connu la visite de personnalités hongroises. En 1912, un congrès mondial des chapeliers s’y est tenu, avec une délégation hongroise. Plus tard, dans les années 1920, le compositeur Béla Zerkovitz y a passé des vacances en famille, et en 1965, l’agence de voyages IBUSZ proposait une excursion d’une journée à Cortina dans le cadre d’un voyage en Yougoslavie, au prix de 2 900 forints (environ 340 000 forints actuels). En 1956, Cortina d’Ampezzo a accueilli les Jeux olympiques d’hiver, où le couple hongrois Marianna Nagy et László Nagy a remporté une médaille de bronze en patinage artistique.
La ville de Milan elle-même a également attiré de nombreux Hongrois au fil des ans. En 1912, un congrès mondial des chapeliers y a eu lieu, et dans les années 1930, le boxeur italien Primo Carnera a été légèrement blessé dans un accident de tramway à Milan, avant de participer à des compétitions à Budapest. Les voyages vers Milan se faisaient généralement avec une escale à Vienne. En 1969, une société de commerce extérieur hongroise a intenté une action en justice contre une entreprise italienne pour contrefaçon de la marque d’alerte Kecskemét. Les guides Panoráma ont mis en évidence l’importance de Milan en tant que capitale de la mode, évoquant des vestes anti-tempête, des maillots de bain audacieux et des ballerines en latex doré.
Vérone, avec son arène antique, accueillera la cérémonie de clôture des Jeux olympiques le 22 février. La ville a également été le lieu de succès pour le chef d’orchestre hongrois Sergio Failoni, qui a dirigé une représentation triomphale de Tannhäuser en 1938, devant trente mille spectateurs. Le journaliste Zoltán Várkonyi a rapporté l’ambiance de la ville à cette occasion, soulignant l’implication du metteur en scène hongrois Gusztáv Oláh, qui avait prévu un spectacle grandiose avec des projecteurs, des torches et des pins alpins. En 1936, le film Roméo et Juliette de Metro-Goldwyn-Mayer a été projeté à Pest, et un concours offrait un voyage à Vérone comme prix principal. La maison de Juliette, lieu emblématique de la ville, accueillait autrefois des lettres d’amants désespérés, auxquelles une secrétaire répondait.
Les stations alpines d’Anterselva et de Livigno/Bormio accueilleront également des compétitions de biathlon et de patinage artistique. Les organisateurs des Jeux olympiques ont souligné leur volonté de minimiser l’impact environnemental en modernisant les infrastructures existantes plutôt qu’en construisant de nouvelles installations. En 1985, le journaliste Jenő Knézy a rapporté les saveurs locales de Bormio, notamment les pizzoccheri, des pâtes semblables aux nokedli, et les desserts faits maison.
Les archives de Fortepan témoignent d’une longue et riche histoire de liens entre la Hongrie et les Alpes italiennes, des explorations scientifiques aux exploits sportifs, en passant par les voyages et les rencontres culturelles. Ces images d’archives offrent un aperçu fascinant d’un passé partagé, qui résonne aujourd’hui avec l’événement sportif international qui se déroule dans cette région.
Rédaction : Zsolt Lukács | Sélection photographique : István Virágvölgyi
Le blog Weekly Fortepan est réalisé avec la coopération professionnelle du Centre Capa. L’article original peut être consulté sur ce lien : https://hetifortepan.capacenter.hu/teli-olimpia-olaszorszag
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