Publié le 7 février 2026 à 12h26. Les négociations entre l’Iran et les États-Unis ont repris à Oman, ouvrant une brèche fragile dans une période de tensions accrues, mais Téhéran a averti qu’il riposterait en cas d’attaque sur son territoire.
- Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a exprimé son espoir de voir les pourparlers se poursuivre rapidement.
- Téhéran a réaffirmé que son programme de missiles balistiques n’est pas négociable, le considérant comme une question de défense nationale.
- L’Iran a menacé de cibler les bases militaires américaines dans la région si son territoire était attaqué.
Les premières discussions directes entre les deux pays depuis l’échec des négociations nucléaires l’année dernière, et les affrontements qui ont suivi, se sont déroulées à Mascate, au Sultanat d’Oman. Selon le ministre iranien des Affaires étrangères, ces échanges ont constitué un « bon début », bien que l’établissement d’une confiance mutuelle prenne du temps. Abbas Araghchi a souligné que, malgré le caractère indirect des discussions, il y a eu une occasion de se serrer la main avec la délégation américaine.
Le président américain Donald Trump a qualifié les négociations de « très bonnes » et a annoncé l’organisation d’un nouveau cycle de pourparlers la semaine prochaine. Cependant, il a simultanément signé un décret imposant des droits de douane aux pays continuant à commercer avec l’Iran, une mesure qui pourrait compliquer les efforts diplomatiques.
Washington a également annoncé de nouvelles sanctions contre plusieurs entités et navires de transport maritime, dans le but de freiner les exportations pétrolières iraniennes. L’Iran réalise plus d’un quart de son commerce avec la Chine, avec 18 milliards de dollars d’importations et 14,5 milliards de dollars d’exportations en 2024, selon les données de l’Organisation mondiale du commerce.
Abbas Araghchi a insisté sur le droit inaliénable de l’Iran à l’enrichissement nucléaire, affirmant que celui-ci « doit continuer ».
« Nous sommes prêts à parvenir à un accord rassurant sur l’enrichissement. Le dossier nucléaire iranien ne sera résolu que par la négociation. »
Abbas Araghchi, ministre iranien des Affaires étrangères
Le programme de missiles balistiques iranien reste un point de friction majeur. Téhéran le considère comme une question de défense et refuse de le soumettre à la négociation. Washington, de son côté, cherche à inclure ce programme, ainsi que le soutien iranien aux groupes militants dans la région, dans le cadre des discussions, une position soutenue par Israël.
Ces négociations interviennent dans un contexte de tensions régionales exacerbées, notamment suite à la répression par l’Iran des manifestations déclenchées fin décembre par la détérioration de la situation économique. Un déploiement important de forces américaines a été observé dans la région en réponse à ces événements.
Abbas Araghchi a clairement averti que l’Iran riposterait en cas d’attaque américaine sur son territoire.
« Si nous sommes à nouveau attaqués, nous attaquerons leurs bases dans la région. »
Abbas Araghchi, ministre iranien des Affaires étrangères
Les pourparlers d’Oman ont été menés du côté américain par Steve Witkoff, l’envoyé de Trump au Moyen-Orient, et son gendre, Jared Kushner. Après les discussions, M. Araghchi a déclaré à la télévision d’État iranienne que les deux parties avaient convenu de poursuivre les négociations dans une « atmosphère très positive ». Il a également exprimé l’espoir que Washington renonce aux « menaces et pressions » afin de faciliter la poursuite des pourparlers.
Enfin, le ministre iranien a critiqué ce qu’il a qualifié de « doctrine de domination » qui permet à Israël de développer son arsenal militaire tout en exigeant le désarmement des autres pays de la région.

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