Publié le 8 février 2026 à 08h43. Alors que des négociations directes entre les États-Unis et l’Iran sont en cours à Mascate, l’administration Trump renforce sa présence militaire dans la région, augmentant les tensions et soulevant des questions sur ses intentions réelles.
- Des négociations nucléaires entre les États-Unis et l’Iran ont débuté ce vendredi 6 février à Mascate, en Oman.
- Simultanément, les États-Unis déploient massivement des forces militaires au Moyen-Orient, incluant des porte-avions, des destroyers et des avions de combat.
- L’administration Trump maintient une posture ambiguë, préparant des options militaires tout en laissant la porte ouverte à une solution diplomatique.
Washington et Téhéran se sont retrouvés pour des discussions directes ce vendredi, une initiative saluée par le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, qui a remercié Oman pour son rôle d’hôte. « Des négociations nucléaires avec les États-Unis sont prévues vendredi à 10 heures à Mascate », a-t-il écrit sur le réseau social X. Un haut responsable de la Maison Blanche a confirmé le lieu et la date de cette réunion, selon l’agence de presse française AFP.
La délégation iranienne est dirigée par Abbas Araghchi, accompagnée des diplomates Majid Takht-Rawanchi et Kasem Gharibabadi. Du côté américain, c’est Steve Witkoff, envoyé spécial du président Donald Trump, qui conduit les discussions. La présence du gendre de Trump, Jared Kushner, n’est pas exclue, ce dernier ayant déjà joué un rôle clé dans les négociations de paix au Moyen-Orient et dans les efforts de résolution du conflit en Ukraine.
Parallèlement à ces efforts diplomatiques, l’administration Trump semble adopter une posture plus ferme envers l’Iran. Selon des informations rapportées par le Washington Post et le New York Times, l’armée américaine renforce sa présence militaire dans la région. Au cours du mois dernier, des dizaines d’avions et une douzaine de navires de guerre ont été déployés, selon des responsables du Pentagone, des images satellite et des données de suivi.
Le porte-avions USS Abraham Lincoln, accompagné de trois destroyers lance-missiles, est arrivé en mer d’Oman le 26 janvier. Ces navires sont équipés de systèmes de défense aérienne et de missiles Tomahawk. Au moins huit autres navires de guerre américains se trouvent également dans la région, dont deux destroyers lance-missiles positionnés près du détroit d’Ormuz, entre l’Iran et Oman.
Des avions de ravitaillement Osprey ont effectué plusieurs vols entre la mer d’Oman et Oman cette semaine, et des images satellite ont révélé la présence de trois de ces appareils à l’aéroport de Duqm le 30 janvier. L’USS Abraham Lincoln transporte également des avions F-35 et des EA-18G Growlers, ces derniers étant utilisés pour la guerre électronique et capables de perturber les systèmes radar et les communications.
Selon des experts, le déploiement de ces appareils suggère que Washington se prépare à une éventuelle action militaire. Gregory Brew, analyste iranien au sein du cabinet de conseil Eurasia Group, estime que les Growlers pourraient être utilisés pour attaquer des cibles à l’intérieur de l’Iran.
Le renforcement militaire américain intervient dans un contexte de tensions accrues avec l’Iran, notamment suite aux protestations contre le régime des mollahs. Donald Trump a adopté une position ferme face à ces manifestations.
Plus de trois douzaines d’avions, dont des avions de combat, des drones et des avions de transport, ont atterri dans la région depuis l’appel de Trump aux manifestants. La plupart de ces appareils sont basés à la base aérienne d’al-Udeid au Qatar. Au moins une douzaine d’avions F-15E et neuf A-10C Thunderbolt II, utilisés pour le soutien aérien rapproché, ont été aperçus sur la base aérienne de Muwaffaq Salti en Jordanie le 25 janvier.
Deux avions de transport HC-130J Combat King, utilisés pour les opérations de recherche et de sauvetage, se sont également dirigés vers la base jordanienne fin janvier, en désactivant leurs signaux de suivi. Des drones MQ-9 Reaper et des hélicoptères polyvalents ont également été repérés sur la base jordanienne le 2 février.
Au total, environ 30 000 à 40 000 militaires américains sont déployés dans la région. Bien que Donald Trump n’ait pas encore autorisé une action militaire, les bombardiers à longue portée basés aux États-Unis, capables d’atteindre l’Iran, sont en état d’alerte accrue. Plusieurs options militaires sont actuellement à l’étude, mais le président américain reste ouvert à une solution diplomatique. (Sources : X, AFP, Isna, Washington Post, New York Times)