Publié le 8 février 2026 01:49:00. Face à une crise énergétique aiguë exacerbée par les sanctions américaines, Cuba réduit ses activités touristiques en fermant certains hôtels et en regroupant les visiteurs, une mesure qui intervient après une année 2025 désastreuse pour le secteur.
- Le gouvernement cubain ferme temporairement certains hôtels, notamment à Varadero et dans les îles du nord, et transfère les touristes vers d’autres établissements.
- Cette décision s’inscrit dans un plan plus large visant à réduire la consommation d’énergie et à optimiser l’exploitation de la haute saison touristique.
- Le secteur du tourisme cubain a enregistré en 2025 son plus faible nombre de visiteurs internationaux depuis 2002, à l’exception des années de pandémie de Covid-19.
La décision de réduire l’offre touristique est une réponse directe à la crise énergétique que traverse Cuba depuis mi-2024, conséquence des pannes récurrentes de ses centrales thermiques vieillissantes et de la difficulté à importer du carburant. La situation s’est aggravée début janvier avec l’opération militaire américaine à Caracas, qui a interrompu les livraisons de pétrole à l’île. Washington a ensuite renforcé la pression en menaçant d’imposer des droits de douane aux pays continuant à vendre du pétrole à La Havane.
Le vice-Premier ministre Oscar Pérez-Oliva Fraga a expliqué à la télévision nationale que le gouvernement avait mis en place un « plan touristique pour réduire la consommation d’énergie, compacter les installations touristiques et profiter de la haute saison qui se déroule actuellement dans notre pays ». Il n’a pas précisé la nature de ce « compactage », mais des sources du secteur, souhaitant rester anonymes, ont confirmé que des hôtels ont commencé à fermer leurs portes et que les touristes internationaux sont relocalisés depuis hier.
Les chaînes hôtelières espagnoles Melia et Iberostar, ainsi que la chaîne canadienne Diamant Bleu, sont parmi les principaux acteurs du secteur touristique cubain et sont donc concernés par ces mesures.
Le tourisme, autrefois pilier de l’économie cubaine, est en chute libre depuis 2018, année où l’île avait enregistré un record de 4,7 millions de visiteurs, profitant d’une période de rapprochement avec les États-Unis sous la présidence de Barack Obama. L’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche et la réimposition de sanctions ont marqué le début d’un déclin, accentué par la pandémie de Covid-19 et la crise économique actuelle.
En 2025, Cuba n’a accueilli que 1,8 million de touristes internationaux, un chiffre qui n’a pas été atteint depuis 2002 (hors années de Covid-19). Le taux d’occupation des hôtels a baissé de sept points de pourcentage au premier semestre, atteignant 21,5 %. Les principaux marchés émetteurs, le Canada (754 010 visiteurs) et la Russie (131 882 visiteurs), ont également enregistré des baisses respectives de 12,4 % et 29 %.
Pour faire face à cette situation d’urgence, le gouvernement cubain a lancé un plan de rationnement du carburant, donné la priorité au télétravail et mis en place des cours hybrides dans les universités. Ce plan s’inspire des mesures prises pendant la « période spéciale » des années 1990, suite à l’effondrement du bloc soviétique, et fait référence au concept de « l’option zéro », un plan de survie en cas de rupture totale de l’approvisionnement en pétrole, impliquant un rationnement extrême, l’utilisation de la traction animale et l’autosuffisance alimentaire.