Publié le 8 février 2024 16h33. Sanae Takaichi, la première femme Premier ministre du Japon, a conforté son pouvoir après des élections législatives anticipées qu’elle a elle-même déclenchées. La campagne, dominée par des questions de sécurité et d’immigration, a vu une nette victoire de son Parti libéral-démocrate (PLD).
- Le PLD a largement remporté les élections, obtenant probablement plus de 300 sièges sur 465 à la chambre basse du Parlement.
- La campagne électorale a été marquée par un discours ferme sur le « problème des étrangers » et une position claire envers la Chine, notamment concernant Taïwan.
- Sanae Takaichi, en poste depuis octobre dernier, s’est engagée à relancer l’économie japonaise et à renforcer la sécurité nationale.
La victoire du PLD met fin à une période d’instabilité politique, le parti ayant perdu sa majorité aux deux chambres du Parlement lors des précédentes élections en raison de scandales. Sanae Takaichi avait surpris l’opposition en convoquant rapidement ces élections, une stratégie qui s’est avérée payante. Les résultats, basés sur des sondages réalisés après la clôture des bureaux de vote, indiquent un retour en force du parti au pouvoir.
Avec son allié, le parti néolibéral Ishin, le PLD pourrait même obtenir une majorité des deux tiers au Parlement, lui conférant une marge de manœuvre considérable pour mettre en œuvre son programme. Cette victoire intervient alors que le Japon est confronté à des défis économiques importants, notamment une inflation persistante et une baisse du pouvoir d’achat des ménages.
La campagne électorale a été largement dominée par la question de l’immigration. Le PLD a promis de prendre à cœur les préoccupations des citoyens concernant les étrangers, affirmant qu’ils ne respectaient pas les règles et créaient un sentiment d’insécurité. Le parti souhaite également durcir les lois pour empêcher les étrangers d’acquérir des biens immobiliers au Japon. Selon les observateurs, cette thématique a permis au PLD de reconquérir des électeurs conservateurs qui s’étaient auparavant tournés vers le parti d’extrême droite Sanseito, qui n’a pas réussi à obtenir les résultats escomptés lors de ce scrutin.
Parallèlement, Sanae Takaichi a adopté une ligne dure envers la Chine, notamment en déclarant qu’une attaque chinoise contre Taïwan serait considérée comme une « menace existentielle » pour le Japon, justifiant potentiellement une intervention militaire. Cette position a suscité de vives critiques de Pékin, qui a réagi en annulant des liaisons aériennes et en interdisant les importations de produits de la mer japonais. Contre toute attente, cette fermeté a renforcé la popularité de Takaichi, en particulier auprès des jeunes électeurs.
En matière économique, Sanae Takaichi a promis de relancer la croissance grâce à une politique budgétaire agressive, incluant une réduction de la taxe sur l’essence et des allègements fiscaux pour les familles à faible revenu. Elle a également annoncé son intention d’accélérer la révision de la suspension de la taxe de vente de 8 % (valeur actuelle) sur les produits alimentaires, tout en veillant à la viabilité financière du pays.
« Cette élection a nécessité des décisions politiques majeures – en particulier un changement fondamental de la politique économique et financière ainsi qu’un renforcement de la politique de sécurité. »
Sanae Takaichi, Premier ministre du Japon
L’opposition, regroupée au sein de l’Alliance réformiste centriste formée par le Parti Démocratique Constitutionnel et Komeito, a subi de lourdes pertes lors de ce scrutin, malgré ses efforts pour présenter une alternative libérale au PLD. La stratégie de Sanae Takaichi a donc porté ses fruits, lui permettant de consolider son pouvoir et de se lancer dans la mise en œuvre de son programme.