Publié le 8 février 2026. Des données analysées par la NASA révèlent la présence de composés ammoniacaux sur Europe, une lune de Jupiter, renforçant l’espoir de découvrir des formes de vie extraterrestre dans son océan souterrain.
La présence d’ammoniac sur Europe, l’une des lunes de Jupiter, a été confirmée grâce à l’analyse de données recueillies il y a plus de vingt ans par la sonde Galileo de la NASA. Cette découverte, publiée dans la revue The Planetary Science Journal, est un élément clé car l’azote est un composant essentiel de la vie telle que nous la connaissons.
Des chercheurs ont détecté de faibles signaux d’ammoniac près des fissures de la surface glacée de la lune. Ils estiment que ces composés ont été éjectés des profondeurs d’Europe par une activité cryovolcanique, c’est-à-dire des éruptions de matériaux volatils comme l’eau, l’ammoniac et le méthane.
« Cette première découverte de ce type sur Europe pourrait avoir des implications significatives pour l’évaluation de l’habitabilité de la lune glacée, que nous considérons comme l’un des endroits les plus prometteurs du Système solaire pour l’existence de la vie extraterrestre. »
Al Emran, chercheur au Jet Propulsion Laboratory de la NASA
L’ammoniac se décompose rapidement dans l’environnement spatial. Sa présence actuelle suggère donc un apport récent provenant de l’océan souterrain ou des couches superficielles de la croûte de la lune, selon les scientifiques.
Cette découverte est d’autant plus significative qu’elle démontre la capacité des technologies modernes à réanalyser des données anciennes pour en extraire de nouvelles informations cruciales. Elle représente également une cible prioritaire pour la mission Europa Clipper, dont l’arrivée sur la lune est prévue en avril 2030.
Lancée en novembre 2024, Europa Clipper a pour mission d’étudier l’océan sous la glace et de déterminer si des microbes pourraient y vivre. La sonde sera équipée de neuf instruments spécialisés pour explorer la surface et le sous-sol de la lune.
« L’appareil découvrira plus d’informations sur l’atmosphère, la couverture de glace, l’océan, l’intérieur rocheux, le noyau et l’environnement spatial environnant. »
Robert Pappalardo, scientifique du projet Europa Clipper au Jet Propulsion Laboratory de la NASA, cité par CNN
La NASA prévoit également d’étudier les mécanismes de formation des jets d’eau observés à travers les fissures de la glace, ainsi que la composition de l’océan, notamment les nutriments potentiellement disponibles pour des organismes vivants. Des études suggèrent que l’océan d’Europe possède un fond rocheux où se produisent des activités hydrothermales.
La possibilité de vie sur Europe est renforcée par la présence de carbone, d’hydrogène, d’azote, d’oxygène, de phosphore et de soufre, des éléments constitutifs des molécules organiques.
Lune d’Europe
- C’est la plus petite des lunes galiléennes, avec un diamètre moyen de 3 100 kilomètres (environ 95 % de la taille de notre Lune).
- Elle est la deuxième lune galiléenne la plus proche de Jupiter et la sixième lune de la planète en incluant les plus petits satellites.
- Europe a été découverte au XVIIe siècle par l’astronome italien Galilée Galilée, mais également observée indépendamment par l’astronome allemand Simon Marius.
- La lune tire son nom d’Europe, une figure de la mythologie grecque, amante de Zeus.
Aspect d’Europe :
Source: NASA