Home International Les investisseurs surestiment les risques géopolitiques, les accords historiques de l’UE et les corrections des métaux précieux

Les investisseurs surestiment les risques géopolitiques, les accords historiques de l’UE et les corrections des métaux précieux

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Publié le 9 février 2024 08:29:00. L’Union européenne renforce ses alliances commerciales avec l’Inde et le Mercosur, signant des accords ambitieux qui pourraient redéfinir les flux commerciaux mondiaux, tout en gérant les tensions géopolitiques liées aux ambitions américaines en Arctique.

  • L’UE et l’Inde ont conclu un accord de libre-échange historique, créant l’une des plus grandes zones commerciales au monde.
  • Un accord commercial avec les pays du Mercosur (Brésil, Argentine, etc.) a également été signé, ouvrant de nouvelles perspectives économiques en Amérique du Sud.
  • Les tensions persistent autour des tentatives américaines d’acquérir le Groenland, motivées par des considérations stratégiques et l’accès aux ressources.

L’Union européenne multiplie les initiatives pour consolider son influence économique et réduire sa dépendance vis-à-vis des États-Unis et de la Chine. La signature récente d’accords de libre-échange avec l’Inde et le Mercosur témoigne de cette stratégie, visant à diversifier les partenaires commerciaux et à stimuler la croissance économique.

L’accord conclu avec l’Inde, le 27 janvier, représente une avancée majeure. Il prévoit une réduction progressive des droits de douane sur une période de 5 à 10 ans, atteignant jusqu’à 96,6 % pour les exportations européennes vers l’Inde et 99,5 % pour les exportations indiennes vers l’UE. Les entreprises européennes bénéficieront notamment d’une baisse significative des taxes sur les automobiles (de 110 % à 10 %), ainsi que sur les équipements de haute technologie, les produits chimiques, pharmaceutiques et aéronautiques. Selon les estimations, cet accord pourrait doubler les exportations de l’UE vers l’Inde d’ici 2032 et générer des économies annuelles d’environ 4 milliards d’euros. L’Inde, de son côté, verra son accès au marché européen facilité pour ses produits textiles, vêtements, cuir, pierres précieuses, bijoux, fruits de mer, thé et épices, avec une augmentation estimée de ses exportations de 11,7 milliards de dollars américains.

Parallèlement, l’accord signé avec le Mercosur, regroupant le Brésil, l’Argentine et d’autres pays sud-américains, le 17 janvier, ouvre un marché de 700 millions d’habitants. Il supprime les droits de douane sur 91 à 92 % des marchandises échangées. L’UE devrait ainsi voir ses droits de douane sur les automobiles (jusqu’à 35 %), les équipements de haute technologie, les produits chimiques et les produits agricoles réduits, ce qui représente une économie de 4 milliards d’euros. Le Mercosur, en contrepartie, imposera des quotas sur les importations de bœuf, de volaille, de sucre, de soja et de lithium, afin de protéger ses agriculteurs. Les prévisions indiquent une croissance du PIB de 0,1 % pour l’UE et de 0,3 % pour le Mercosur d’ici 2040. Cependant, la ratification de cet accord par le Parlement européen est reportée à 2027.

Ces accords commerciaux, selon les analyses, pourraient détourner entre 2 et 3 milliards de dollars américains des flux commerciaux actuellement dominés par les États-Unis et la Chine. À long terme, ils devraient contribuer à augmenter le PIB de l’UE de 77,6 milliards d’euros.

Sur un autre front, les tensions géopolitiques demeurent vives. Début janvier, une nouvelle tentative du président américain Donald Trump d’acquérir le Groenland auprès du Danemark a ravivé les inquiétudes sur les marchés financiers, après une période de relative stabilité suite aux développements au Venezuela. Cette démarche, justifiée par des considérations de sécurité nationale liées à la montée de l’influence russe et chinoise dans l’Arctique (influence non confirmée), a été suivie de menaces de droits de douane contre le Danemark et d’autres pays européens le 17 janvier. Bien que les États-Unis disposent déjà de la base stratégique de la Space Force à Pitufika au Groenland, les déclarations initiales de Trump concernant une possible opération militaire ont été nuancées lors du Forum de Davos le 21 janvier. Une proposition d’accord avec l’OTAN a alors été avancée, visant à donner aux États-Unis un accès élargi au Groenland sans procéder à une annexion formelle, sur le modèle des bases militaires britanniques à Chypre. Le Danemark et le Groenland ont fermement rejeté cette proposition, entraînant des protestations et un renforcement limité de la présence militaire. L’Allemagne a mis en garde contre les risques potentiels pour l’unité de l’OTAN.

Au-delà des enjeux géopolitiques, le Groenland suscite l’intérêt en raison de ses importantes réserves de terres rares – plus de 28 millions de tonnes – essentielles pour la défense et d’autres industries stratégiques. Les actions de Critical Metals, une entreprise développant le projet de terres rares Tanbreez au Groenland, ont ainsi augmenté de 62 % en janvier.

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