L’arrivée prochaine d’une nouvelle direction à la Réserve fédérale américaine (Fed) pourrait bien secouer les marchés financiers, selon plusieurs analyses récentes. Historiquement, ces transitions sont souvent accompagnées d’une volatilité accrue, et les inquiétudes grandissent quant à l’impact d’une possible érosion de l’indépendance de l’institution.
Les données compilées par Barclays révèlent une tendance inquiétante : depuis 1930, l’indice boursier américain a en moyenne perdu 5 %, 12 % et 16 % respectivement un, trois et six mois après la nomination d’un nouveau président de la Fed. Cette volatilité pourrait être exacerbée par les pressions croissantes sur l’indépendance de la banque centrale.
« Lorsque l’indépendance des banques centrales s’affaiblit, les risques ne restent pas théoriques : la volatilité a tendance à augmenter, le risque de récession peut augmenter et les valorisations des actions peuvent être sous pression », explique Bill Hester.
Les investisseurs étrangers, particulièrement sensibles aux fluctuations monétaires, semblent anticiper ces risques. The Economist note qu’ils ont massivement surpondéré les actions américaines, une stratégie qui pourrait se retourner contre eux. « Un affaiblissement du dollar réduirait le poids des actifs américains dans les indices mondiaux, obligeant les investisseurs suivant ces indices à vendre, ce qui affaiblirait encore davantage la devise américaine et créerait un cercle vicieux », précise le journal.
Les signaux d’un possible retournement de tendance sont déjà visibles sur le marché boursier. Au 26 janvier, 62 % des actions du S&P 500 avaient surperformé l’indice, un niveau jamais atteint depuis 2001. Ned Davis Research souligne que cette situation est historiquement préoccupante : lors de trois des quatre années précédentes où plus de 60 % des actions ont surperformé, l’indice S&P 500 a ensuite connu une baisse, avec une perte médiane de 11,6 %.
Par ailleurs, les initiés du marché semblent adopter une attitude prudente. Bloomberg rapporte que près de 1 000 dirigeants d’entreprises cotées aux États-Unis ont vendu des actions ce mois-ci, contre seulement 207 acheteurs, ce qui représente le ratio vente/achat le plus élevé observé depuis cinq ans. Cela suggère que, contrairement à certains experts, ils ne considèrent pas cette rotation comme un signe haussier durable.