Publié le 9 février 2026 14h13. La Chambre immobilière du Venezuela dénonce une hausse injustifiée des prix de l’immobilier et des loyers, pointant du doigt des perceptions individuelles et un manque de financement à long terme comme principaux facteurs.
- La Chambre immobilière affirme qu’il n’existe aucun fondement économique à la récente augmentation des prix de l’immobilier et des loyers.
- L’absence de crédit immobilier et le manque de nouveaux projets de construction sont identifiés comme des obstacles majeurs au développement du secteur.
- Des lois restrictives concernant le crédit-bail, les débiteurs hypothécaires et la fraude immobilière sont pointées du doigt comme des freins aux investissements.
Selon Pablo González, président de la Chambre immobilière du Venezuela, la récente flambée des prix ne reflète pas une dynamique positive du marché, mais plutôt des estimations subjectives et un manque de conseil professionnel. Il insiste sur le fait que les conditions économiques du pays ne justifient pas une telle augmentation.
« Cette augmentation ne répond à aucune attente autre que la perception d’une personne et le manque ou l’absence de conseils professionnels. »
Pablo González, président de la Chambre immobilière du Venezuela
González a également souligné que la valeur au mètre carré ne témoigne pas d’une réelle amélioration du secteur. Il précise que même si l’année 2026 débute avec des espoirs d’amélioration économique, cela ne justifie pas une hausse des prix, d’autant plus que la capacité d’achat des Vénézuéliens n’a pas augmenté.
Un rapport publié en décembre dernier par l’Université catholique Andrés Bello et Mercado Libre révèle que le prix moyen au mètre carré dans les appartements du District de la Capitale s’élève à 846 dollars (environ 800 €).
La Chambre immobilière met en garde contre les risques d’un ralentissement des ventes si les prix sont fixés au-dessus de la réalité du marché. Elle explique qu’une propriété qui reste invendue pendant six mois voit ses chances de trouver un acquéreur diminuer considérablement si son prix est augmenté.
Le financement, un facteur déterminant
L’activité immobilière dépend fortement de l’accès à des financements à long terme, une option actuellement indisponible dans les banques nationales. Sans cette possibilité, la demande ne peut pas augmenter suffisamment pour justifier une hausse des prix.
Outre le manque de financement, la Chambre immobilière dénonce l’absence de nouveaux projets de logements. Selon ses données, aucune nouvelle construction de logements n’a été signalée dans le pays depuis 2012, une situation qu’elle attribue à un cadre juridique défavorable aux investissements.
La loi sur le crédit-bail, notamment, est critiquée pour les conditions jugées trop risquées pour les propriétaires en cas de difficultés de récupération de leurs biens. Cette situation a conduit à la fermeture de nombreux logements, les retirant du marché locatif.
La loi sur les débiteurs hypothécaires est également pointée du doigt, car elle empêche la souscription de prêts hypothécaires ou la réalisation de ventes en devises étrangères, limitant ainsi les possibilités de financement à long terme dans un pays où les transactions se font principalement en espèces.
Enfin, la loi sur la fraude immobilière, qui prévoit des peines de prison en cas de retard de livraison des projets, dissuade les investisseurs en raison des risques criminels associés au développement immobilier.
« Si ce cadre juridique est revu ou reconsidéré, la production de logements peut être encouragée, ce qui se traduit par la création d’emplois. »
Pablo González, président de la Chambre immobilière du Venezuela
Perspectives pour 2026
En raison de l’incertitude économique et de la volatilité des indicateurs, la Chambre immobilière concentrera ses efforts sur la formation de ses membres. L’objectif est de préparer les professionnels à répondre aux exigences croissantes du marché et aux normes de conformité des entreprises étrangères.
« Le marché, à partir de 2026, sera un marché exigeant et déterminera une capacité de conseil de la part des professionnels. Nous préparons nos membres aux réalités de conformité qu’exigeront les entreprises étrangères », a conclu González.