Publié le 11 février 2024. Le président colombien Gustavo Petro a affirmé avoir échappé à une tentative d’assassinat en se déplaçant en hélicoptère, révélant une escalade des menaces contre sa personne et une situation sécuritaire tendue en Colombie à l’approche des élections.
- Gustavo Petro a dû renoncer à un atterrissage prévu dans le département de Córdoba, craignant une attaque contre son appareil.
- Le président accuse une nouvelle coalition de trafiquants de drogue, impliquant des figures comme Ivan Mordisco, de chercher à le faire assassiner.
- Des accusations de tentatives de sabotage, notamment une tentative d’introduction de substances psychoactives dans son véhicule avant une rencontre avec Donald Trump, ont également été portées.
Gustavo Petro a révélé ce mardi 10 février avoir évité une tentative d’assassinat en choisissant de voyager en hélicoptère plutôt que de se poser dans le département de Córdoba, une région où opère le puissant Clan del Golfo. Selon ses déclarations, relayées lors d’une réunion ministérielle retransmise en direct, il craignait que son avion ne soit la cible de tirs.
« Nous avons pris la mer (pendant) quatre heures et je suis arrivé là où nous n’avions pas besoin d’aller », a-t-il déclaré, affirmant avoir ainsi réussi à « échapper à la mort ». Cette annonce intervient dans un contexte de violence croissante qui perturbe la campagne électorale, alors que les Colombiens se préparent à voter dans trois mois, même si la Constitution interdit à Petro de se représenter.
Le président de gauche assure depuis son arrivée au pouvoir en août 2022 être la cible d’une « nouvelle junte du trafic de drogue » déterminée à l’éliminer. Cette coalition inclurait des trafiquants basés à l’étranger et des membres de groupes armés dissidents des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), notamment Ivan Mordisco, chef d’état-major central d’un des principaux groupes.
La situation à Córdoba est particulièrement préoccupante, le Clan del Golfo, le plus grand cartel du pays, y étant très actif. La semaine dernière, ce groupe a suspendu les négociations de paix avec le gouvernement colombien, suite à l’accord conclu entre Petro et le président américain Donald Trump pour lancer une opération de recherche contre son chef, surnommé « Chiquito Malo ».
Par ailleurs, Petro a accusé un général de police d’avoir tenté de saboter sa rencontre avec Donald Trump à la Maison Blanche en essayant de dissimuler des « substances psychoactives » dans son véhicule. Il a affirmé que cet officier avait reçu l’ordre de « détruire la rencontre avec Trump d’une manière ou d’une autre ». Le président a lui-même été l’objet d’accusations infondées de consommation de drogue.
Ce n’est pas la première fois que Petro évoque des menaces contre sa vie. En 2024, il avait déjà fait état d’une autre tentative de meurtre présumée qui l’avait empêché d’assister à un défilé militaire le 20 juillet de la même année. Durant sa campagne, il apparaissait régulièrement dans des lieux publics fortement gardés, ses agents de sécurité portant même des boucliers pare-balles pour assurer sa protection.
Un sénateur de l’opposition avait alors affirmé qu’un baron de la drogue de la région caféière du pays avait émis l’intention de le faire assassiner.