Home Accueil « Love Story » s’efforce d’être « The Crown » de l’Amérique

« Love Story » s’efforce d’être « The Crown » de l’Amérique

0 comments 23 views

La nouvelle série de FX, Love Story : John F. Kennedy Jr. et Carolyn Bessette, explore la vie de ce couple emblématique des années 1990, souvent comparé à la princesse Diana et au prince Charles. L’anthologie romantique, créée par Connor Hines et adaptée du livre d’Elizabeth Beller, revisite un récit bien connu, mais se concentre cette fois sur l’expérience de Carolyn Bessette-Kennedy, confrontée à la célébrité et aux pressions d’une dynastie américaine.

La série ne cherche pas à dissimuler les parallèles avec la famille royale britannique. Comme Diana, Carolyn Bessette était une étrangère au monde des Kennedy, une femme élégante et admirée, mais peu préparée aux intrigues et à l’omniprésence des médias. Elle a été traquée par les paparazzi, contrainte dans ses choix professionnels et personnels, et constamment jugée par l’opinion publique.

L’interprétation de Carolyn Bessette-Kennedy par Sarah Pidgeon est saluée par la critique. Loin de la caricature sensationnaliste des tabloïds, Pidgeon dépeint une femme intelligente, ambitieuse et déterminée, une professionnelle pragmatique qui, tout en étant réticente à l’exposition médiatique, joue habilement ses cartes dans sa relation avec John Kennedy Jr. « Tu vas être la princesse du peuple américain », lui lance d’ailleurs un personnage de la série, illustrant la pression constante exercée sur elle.

Paul Anthony Kelly incarne John F. Kennedy Jr., et Naomi Watts se glisse dans la peau de Jacqueline Kennedy Onassis. Cependant, la performance de Watts est jugée excessive, avec une voix maniérée et une interprétation qui ne parvient pas à convaincre. La mort de Jacqueline Kennedy Onassis en 1994, avant que son fils ne puisse ramener Carolyn dans sa vie, est un événement tragique qui marque un tournant dans la série.

Au-delà des performances individuelles, la série se distingue par son souci du détail visuel et sonore. Les costumes, conçus par Rudy Mance, et la coiffure, supervisée par Michelle Ceglia, recréent fidèlement l’esthétique des années 1990, en particulier l’élégance minimaliste de Carolyn Bessette-Kennedy chez Calvin Klein. Le décorateur Alex DiGerlando reconstitue avec précision l’atmosphère de New York à cette époque, des lofts industriels de Tribeca aux restaurants branchés comme Indochine. La bande originale, privilégiant des artistes tels que Mazzy Star, Björk et Sade, contraste avec la musique populaire de l’époque.

Malgré ces atouts, la série souffre d’un rythme lent et d’une répétitivité dans l’exploration de la relation entre John et Carolyn. L’histoire se concentre davantage sur les difficultés rencontrées par le couple que sur leur vie avant leur rencontre. La série aborde également la pression médiatique constante subie par les Kennedy, mais sans apporter de nouvelles perspectives sur ce sujet bien connu.

Love Story : John F. Kennedy Jr. et Carolyn Bessette, à l’instar de The Crown, explore la notion de cage dorée et les conséquences d’une vie sous le regard constant du public. La série soulève des questions sur le rôle des Kennedy dans la société américaine et sur la fascination exercée par cette dynastie, mais ne parvient pas à aller au-delà de la surface. Elle laisse entrevoir la difficulté pour une personne extérieure de s’intégrer dans un tel univers, mais ne propose pas d’analyse approfondie des enjeux sous-jacents.

Leave a Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.