Publié le 12 février 2025 à 16h51. Un vaste projet de production d’hydrogène vert dans le désert d’Atacama au Chili a été officiellement abandonné, après des mois de vives critiques de la communauté astronomique internationale qui craignait des perturbations pour l’observation du ciel.
- Le projet INNA, porté par AES Andes, prévoyait la construction d’une installation de 3 000 hectares près de l’observatoire de Paranal.
- L’Observatoire européen austral (ESO) avait dénoncé la pollution lumineuse potentielle, menaçant les installations astronomiques de pointe.
- Le retrait formel du projet intervient après l’annonce, fin janvier, de la société AES Andes qu’elle renonçait à sa réalisation.
Les autorités chiliennes ont confirmé ce jeudi l’abandon définitif du projet INNA, qui visait à produire de l’hydrogène vert et de l’ammoniac vert à partir d’énergies renouvelaires (solaire et éolienne) dans le désert d’Atacama. Le conglomérat AES Andes, filiale chilienne de la société américaine AES, avait initialement prévu d’investir 10 milliards de dollars américains dans cette initiative.
L’emplacement du projet, à proximité de l’observatoire de Paranal, situé à 1 200 kilomètres de Santiago et à 2 635 mètres d’altitude, était au cœur des préoccupations. L’ESO avait exprimé de sérieuses inquiétudes quant à la pollution lumineuse qui aurait pu compromettre la qualité des observations astronomiques, notamment celles réalisées par le Very Large Telescope (VLT) et le futur Extremely Large Telescope (ELT), dont l’achèvement est prévu en 2028.
« En raison de son emplacement prévu, le projet constituerait une menace sérieuse pour le ciel le plus sombre et le plus clair de la Terre ainsi que pour le fonctionnement des installations astronomiques les plus avancées au monde. »
Xavier Barcons, directeur général de l’ESO
Selon un document remis à l’AFP par le Service d’évaluation environnementale (SEA), « l’Étude d’Impact Environnemental du projet INNA est considérée comme abandonnée ». AES Andes a annoncé fin janvier qu’elle se concentrerait désormais sur son portefeuille d’énergies renouvelables et de stockage d’énergie, après des mois de contestation de la part de la communauté astronomique internationale.
L’observatoire de Paranal bénéficie de conditions atmosphériques exceptionnelles, loin de la pollution lumineuse des grandes villes, ce qui en fait l’un des observatoires les plus productifs au monde. Le VLT, composé de quatre télescopes individuels, a notamment permis d’obtenir la première image d’une exoplanète en 2004.
Pour en savoir plus sur l’hydrogène vert et les incitations proposées pour son développement, consultez cet article.
La hausse du prix du cuivre et son impact sur la production chilienne sont abordés dans cet autre article.