Publié le 2024-10-27 14:35:00. Des chercheurs argentins ont identifié un consortium de bactéries capables de dégrader l’atrazine, un herbicide largement utilisé, ouvrant la voie à des solutions de bioremédiation pour lutter contre sa contamination de l’environnement.
- Un consortium bactérien, baptisé C1, composé de plusieurs souches de Streptomyces, s’est révélé particulièrement efficace pour éliminer l’atrazine.
- Les tests ont démontré que C1 peut non seulement dégrader l’atrazine, mais aussi inverser ses effets toxiques sur les plantes.
- L’étude a identifié la présence de gènes essentiels à la dégradation de l’herbicide chez tous les membres du consortium C1, suggérant un mécanisme de coopération métabolique.
L’atrazine est l’un des herbicides les plus fréquemment utilisés en Argentine, et sa persistance dans l’environnement constitue une source de préoccupation croissante. Des concentrations supérieures aux limites autorisées ont été régulièrement détectées, soulignant la nécessité de développer des stratégies efficaces pour réduire sa présence dans l’eau et les sols. La bioremédiation, qui utilise des micro-organismes pour dégrader les polluants, représente une approche prometteuse.
L’étude menée par les chercheurs s’est concentrée sur la sélection d’un consortium d’actinomycétes – un groupe de bactéries filamenteuses présentes dans le sol – capable d’éliminer l’atrazine. Quatre consortiums différents (C1, C2, C3 et C4) ont été testés sur leur capacité à se développer en utilisant l’atrazine comme unique source de carbone ou d’azote. Le consortium C1, constitué des souches Streptomyces sp. A2, A5, A11 et M7, a affiché les meilleurs résultats, tant en termes de croissance que d’élimination de l’herbicide.
Les analyses ont révélé que C1 pouvait éliminer 25 et 50 mg·L-1 (milligrammes par litre) d’atrazine. Bien qu’une légère diminution de l’efficacité (13,3 %) ait été observée lorsque l’atrazine était utilisée comme source d’azote plutôt que de carbone, les différences n’étaient pas statistiquement significatives (p > 0,05). Plus important encore, les tests de phytotoxicité ont montré que C1 était capable d’atténuer la toxicité de l’atrazine pour les plantes, en particulier lorsque l’herbicide servait de source de carbone.
L’étude a également confirmé la présence de gènes codant pour les enzymes impliquées dans la dégradation de l’atrazine chez tous les membres du consortium C1. Ces résultats suggèrent que les différentes souches bactériennes travaillent en synergie, exploitant leur polyvalence métabolique pour dégrader efficacement l’herbicide. Cette capacité de travail coopératif est essentielle pour la dégradation des composés xénobiotiques, c’est-à-dire des substances étrangères à l’environnement.
Ces découvertes ouvrent des perspectives intéressantes pour le développement de solutions de bioremédiation ciblées, permettant de réduire la contamination de l’environnement par l’atrazine et de protéger la santé des écosystèmes et des populations.