Publié le 14 février 2024 06:39:00. L’Argentine s’apprête à une profonde réforme du marché du travail, approuvée par le Sénat malgré une forte opposition sociale, tandis que Cuba est confrontée à une crise énergétique et humanitaire aiguë, exacerbée par un blocus pétrolier.
- La réforme du travail en Argentine, inspirée des lois Hartz allemandes, vise à flexibiliser l’emploi mais suscite des inquiétudes quant à la protection des travailleurs.
- Cuba est au bord de l’effondrement économique en raison d’une pénurie de carburant et de matières premières, entraînant des restrictions sévères et une malnutrition croissante.
- Les tensions géopolitiques, notamment le blocus américain, jouent un rôle majeur dans la crise cubaine, limitant l’accès à l’énergie et aux ressources essentielles.
Le Sénat argentin a donné son feu vert, par 42 voix contre 30, à la réforme du travail promue par le président Javier Milei. Ce projet de loi, qui a déjà franchi un premier obstacle au Congrès, ambitionne de rompre avec un marché du travail jugé trop rigide. L’objectif affiché est d’attirer les investisseurs en assouplissant les règles d’embauche et de licenciement, sur le modèle des controversées « lois Hartz » adoptées en Allemagne au début des années 2000. Cependant, cette réforme se heurte à une forte résistance sociale, avec des manifestations et des critiques virulentes de la part des syndicats.
Selon les informations disponibles, la réforme prévoit notamment une réduction de l’indemnisation en cas de licenciement, une limitation du droit de grève dans les services essentiels et la suppression du renouvellement automatique des conventions collectives. Un système de compte d’heures supplémentaires est également envisagé, ainsi qu’une nouvelle forme d’indemnité de départ. Malgré un taux de chômage officiellement de 7 %, plus de 40 % de la population active argentine travaille dans le secteur informel, privant l’État de recettes fiscales et de cotisations sociales.
Parallèlement, la situation à Cuba est de plus en plus préoccupante. L’île est confrontée à une grave crise énergétique, conséquence d’un blocus pétrolier imposé par les États-Unis. L’annonce récente de l’absence de carburant pour les avions, qui ne peuvent plus opérer sur le territoire cubain, témoigne de l’aggravation de la situation. Le Venezuela, principal fournisseur de Cuba, a suspendu ses exportations après que les États-Unis ont exercé une pression sur le gouvernement de Caracas et pris le contrôle des exportations. Le Mexique, autre partenaire commercial important, a également cédé à la pression de Washington et a interrompu ses livraisons de pétrole.
Les conséquences de cette crise sont désastreuses pour la population cubaine. La pénurie généralisée de matières premières et d’intrants réduit la performance économique globale de l’île de 30 à 50 %. La productivité est également en baisse, en raison du manque de main-d’œuvre qualifiée. La faim est devenue un problème courant, avec 13 % des Cubains souffrant de malnutrition et près de 40 % n’ayant pas un accès fiable à une alimentation suffisante et nutritive, selon les données du Département de l’Agriculture des États-Unis datant de 2023.
Face à cette urgence, le gouvernement cubain a annoncé des mesures d’austérité drastiques. Les transports publics seront restreints, l’administration publique fonctionnera uniquement du lundi au jeudi, les déplacements en bus, train et ferry seront considérablement réduits, les touristes seront redirigés vers certains hôtels et les cours en présentiel seront suspendus dans les universités pendant 30 jours. La Havane appelle à une « résistance créatrice » pour faire face à l’effondrement.
Selon le Frankfurter Allgemeine Zeitung, le gouvernement cubain privilégie la mise en œuvre de mesures de survie plutôt que d’engager des réformes politiques profondes.