Publié le 16 février 2024 à 15h25. La Fédération irlandaise de football (FAI) envisage de délocaliser le match de qualification pour l’UEFA Nations League entre la République d’Irlande et Israël, prévu le 4 octobre, en raison des préoccupations croissantes liées à la situation à Gaza et aux questions de sécurité.
- Des sources gouvernementales indiquent qu’un lieu neutre à l’étranger est désormais l’option la plus probable.
- Bien que le gouvernement affirme que la décision relève de la FAI, des tensions politiques et des inquiétudes sécuritaires pèsent sur l’organisation du match à Dublin.
- Le Tánaiste Simon Harris a souligné la nécessité de dissocier le sport des considérations politiques, tout en reconnaissant la sensibilité de la situation.
La possibilité de délocaliser le match entre l’Irlande et Israël s’intensifie, alors que le gouvernement irlandais reconnaît implicitement les difficultés à maintenir le match à Dublin dans le contexte actuel. Deux sources proches du dossier, souhaitant rester anonymes, ont confirmé qu’un lieu neutre à l’étranger est envisagé, bien qu’aucune décision finale n’ait encore été prise.
Officiellement, le gouvernement insiste sur l’autonomie de la FAI dans la gestion de ce type de questions. Le Taoiseach Micheál Martin et le Tánaiste Simon Harris ont toutefois exprimé ce week-end leur opinion que le match devrait avoir lieu. Néanmoins, la pression politique et les préoccupations exprimées par An Garda Síochána, la police irlandaise, concernant le maintien de l’ordre, semblent orienter la décision vers une délocalisation.
La FAI a déclaré qu’elle organisait la rencontre, sans préciser si elle se déroulerait à Dublin ou ailleurs. L’équipe de la République d’Irlande doit affronter Israël à domicile et à l’extérieur dans le cadre de la Ligue des Nations de l’UEFA fin septembre et début octobre.
Le débat a pris une dimension politique plus large, avec des appels à boycotter le match en raison de la situation à Gaza. La dirigeante du Sinn Féin, Mary Lou McDonald, a notamment demandé à la FAI de « donner le carton rouge » à Israël et d’annuler la rencontre. Le Tánaiste a répondu à ces appels en soulignant les risques pour l’équipe irlandaise :
« La véritable personne qui finirait par recevoir le carton rouge ou le pays ici serait l’Irlande. »
Simon Harris, Tánaiste
Harris a insisté sur la nécessité de séparer le sport de la politique :
« Nous devons dissocier l’opposition aux actions israéliennes à Gaza du sport et des décisions prises par les instances sportives. »
Simon Harris, Tánaiste
Il a également mis en garde contre les conséquences négatives d’une annulation pour l’équipe irlandaise, affirmant qu’elle serait la principale perdante et que cela n’aurait aucun impact sur Israël.
La ministre d’État Marian Harkin a exprimé une opinion divergente, déclarant personnellement qu’elle ne serait pas favorable à la tenue du match, tout en reconnaissant que la décision finale appartient à la FAI.
« Je pense que, personnellement, je n’irais pas dans ce sens, et personnellement, si je devais décider – je ne suis pas la FAI, je ne suis pas l’UEFA, je ne suis pas le Taoiseach, c’est mon point de vue personnel – oui – je ne serais pas d’accord pour que cela se poursuive. »
Marian Harkin, Ministre d’État
Par ailleurs, le gouvernement s’est engagé à faire progresser le projet de loi sur les territoires occupés cette année. Le Tánaiste a souligné que le gouvernement ne souhaite pas adopter une législation symbolique, mais une loi juridiquement solide. La ministre des Affaires étrangères Helen McEntee a précédemment déclaré que l’adoption de ce projet de loi était une priorité.