Publié le 16 février 2026 à 13h51. Une demande américaine inattendue, visant à isoler Cuba, aurait été formulée lors de récentes négociations avec le Venezuela, fragilisant un partenariat historique et ouvrant la voie à un possible revirement géopolitique dans la région.
- Les États-Unis ont demandé au Venezuela de prendre ses distances avec Cuba, en échange de licences pour les compagnies pétrolières américaines.
- Caracas a cessé d’envoyer une aide humanitaire à Cuba et envisage de mettre fin au programme de médecins cubains travaillant sur son territoire.
- Des tensions internes au sein du chavisme, notamment exprimées par le ministre Diosdado Cabello, semblent favoriser cette orientation.
Les relations entre Cuba et le Venezuela connaissent actuellement une période de turbulences, révélée par des sources proches du secteur pétrolier et confirmée par la récente visite à Caracas du secrétaire américain à l’énergie, Chris Wright. Cette mission, supervisée par la chargée d’affaires américaine Laura Dogu, a dépassé le simple cadre des discussions énergétiques.
Si l’obtention de deux licences permettant aux compagnies pétrolières américaines d’opérer au Venezuela constitue une avancée notable, la demande formulée par Washington à la présidente par intérim Delcy Rodríguez est beaucoup plus significative : rompre les liens avec La Havane. Selon des informations relayées par des médias basés à Mexico, l’administration américaine souhaiterait que le Venezuela évite de soutenir un régime castriste jugé en voie d’effondrement.
Cette pression s’accompagne de changements concrets. Le Venezuela a récemment suspendu son aide humanitaire à Cuba et prévoit d’interrompre le programme qui emploie plus de 11 000 médecins cubains sur son territoire, une décision similaire à celle annoncée par le gouvernement guatémaltèque. Ces mesures seraient encouragées par le ministre Diosdado Cabello, qui aurait exprimé en privé son mécontentement face à l’influence cubaine au sein des cercles chavistes.
Des sources proches du pouvoir vénézuélien évoquent une « froideur » grandissante envers Cuba, un sentiment partagé par différents courants du parti au pouvoir. Cette situation renforce les déclarations de l’ambassadeur de Russie à Caracas, Sergueï Mélik-Bagdasarov, qui avait déjà évoqué des « trahisons » au sein du chavisme peu après la capture de Nicolás Maduro. Il est rappelé qu’un raid militaire américain visant à arrêter Maduro avait causé la mort de 32 soldats cubains.
La rencontre entre Chris Wright et Delcy Rodríguez semble avoir été fructueuse. Outre les licences pétrolières, l’administration Trump a évoqué la possibilité d’une visite à Caracas et a annoncé le retrait du porte-avions Gerald Ford de la mer des Caraïbes, qui se dirige désormais vers le Moyen-Orient. Delcy Rodríguez aurait assuré à Chris Wright que le Venezuela pourrait contribuer à une transition à Cuba et s’engagerait à demander à La Havane d’envisager une libération de prisonniers politiques.
Un tel scénario marquerait un tournant majeur. Cuba, qui a soutenu l’idéologie chaviste pendant des années, se retrouverait confrontée à une volte-face de Delcy Rodríguez, contribuant potentiellement à l’affaiblissement du régime mis en place en 1959. Le Département d’État américain recommande par ailleurs de respecter les positions du Venezuela aux Nations Unies et envisage même la participation d’un représentant de Rodríguez à une réunion organisée par Donald Trump avec des présidents alliés à Miami.