Publié le 17 février 2026 à 04:11:00. Le groupe automobile Stellantis opte pour un virage stratégique en privilégiant les investissements dans les moteurs thermiques aux États-Unis, au détriment de ses projets de batteries en Europe, une décision qui s’accompagne de pertes record et d’une adaptation aux politiques de l’administration Trump.
- Stellantis enregistre 22 milliards d’euros (environ 20 milliards de francs suisses) de pertes suite à la réduction de ses ambitions dans le domaine de l’électromobilité.
- Le nouveau directeur général, Antonio Filosa, abandonne les projets de construction de deux usines de batteries en Europe.
- L’entreprise investit 13 milliards de dollars américains dans la modernisation de ses usines de moteurs à combustion interne aux États-Unis.
Le constructeur automobile Stellantis a annoncé des pertes considérables, s’élevant à 22 milliards d’euros, en raison d’un recentrage stratégique qui met de côté, pour l’instant, l’électrification massive de ses véhicules. Cette décision intervient sous la direction d’Antonio Filosa, qui semble aligner sa stratégie sur les orientations politiques de l’administration américaine actuelle.
Le changement de cap se traduit concrètement par l’abandon de deux projets d’usines de batteries, initialement prévues à Kaiserslautern, en Allemagne, et à Termoli, en Italie. Au lieu de cela, Stellantis va investir 13 milliards de dollars américains dans la modernisation de ses installations de production de moteurs thermiques sur le sol américain. Cette stratégie est perçue comme une réponse aux politiques commerciales et énergétiques promues par Donald Trump, qui a publiquement critiqué le développement des véhicules électriques.
En décembre dernier, Antonio Filosa, aux côtés d’autres dirigeants du secteur automobile, avait d’ailleurs manifesté son soutien au président américain à la Maison Blanche, lors d’une critique virulente des voitures électriques. Cette attitude souligne l’influence grandissante de l’administration Trump sur les décisions stratégiques des constructeurs automobiles.
Ce revirement marque une rupture nette avec l’approche de son prédécesseur, Carlos Tavares, qui avait affiché une forte ambition en matière d’électrification. Selon la revue spécialisée « Semaine de l’automobile », Stellantis peine à commercialiser des véhicules électriques compétitifs en Europe, se positionnant en retrait par rapport à des acteurs majeurs tels que Volkswagen, BMW et Renault.
Les difficultés de Stellantis dans le domaine de l’électromobilité ne se limitent pas à la concurrence. L’usine de batteries du groupe située dans le nord de la France est confrontée à d’importants problèmes de qualité, avec un taux de rebut supérieur à 50%, selon des informations syndicales rapportées par la même revue. Cette situation rend l’usine déficitaire et compromet sa rentabilité.
Parallèlement, d’autres constructeurs automobiles, comme le groupe Volkswagen, ont également dû ajuster leurs stratégies en matière d’électrification, enregistrant des milliards d’euros de pertes en raison de ces ajustements, comme l’a récemment illustré le cas de Porsche. Plus d’informations sur les pertes de Volkswagen.
Cependant, le changement de cap opéré par Stellantis est particulièrement radical et pourrait s’avérer contre-productif à long terme. En privilégiant les moteurs à combustion interne aux États-Unis, le groupe risque de perdre des opportunités d’exportation sur les marchés où la transition vers l’électromobilité est en marche, notamment en Europe. La transition électrique européenne n’est pas abandonnée, mais simplement reportée.