Malgré des résultats solides et une économie globalement robuste, les marchés boursiers restent sous pression, fragilisés par les incertitudes liées à l’essor de l’intelligence artificielle et les tensions géopolitiques croissantes. Les investisseurs s’inquiètent notamment de l’impact potentiel de l’IA sur l’emploi et la consommation.
Depuis le début de l’année, le groupe des « Magnificent 7 » – les sept géants technologiques américains – a perdu 8,7 % de sa valeur. Les dépenses massives engagées dans la construction de centres de données dédiés à l’IA suscitent des interrogations quant à leur rentabilité à long terme, ainsi que des préoccupations concernant la capacité des réseaux électriques à répondre à cette demande énergétique accrue.
Le secteur technologique est particulièrement touché, avec une baisse de 24,3 % des actions des entreprises de logiciels depuis le début de l’année. L’émergence de systèmes d’IA capables de générer du code informatique de manière autonome remet en question la valeur des compétences traditionnelles en programmation. Des inquiétudes similaires planent sur les entreprises spécialisées dans l’analyse de données et les notations, des domaines où l’IA pourrait également s’imposer rapidement.
Plus largement, toute profession impliquant des tâches répétitives réalisées devant un ordinateur est considérée comme potentiellement vulnérable à l’automatisation par l’IA. Si le calendrier exact de cette transformation reste incertain, le consensus s’oriente vers un remplacement progressif plutôt qu’une disparition soudaine.
Trois secteurs d’activité affichent actuellement des performances négatives, et cette tendance devrait se poursuivre dans les semaines et les mois à venir : les biens de consommation discrétionnaire, la technologie et les services de communication. Cette situation reflète les craintes concernant le pouvoir d’achat des consommateurs, déjà affecté par un niveau d’endettement record sur les cartes de crédit et une augmentation des défauts de paiement. Dans le secteur technologique, les valorisations élevées et la diminution des flux de trésorerie disponibles, conséquence des investissements massifs, contribuent également à cette baisse.
Les tensions géopolitiques n’arrangent rien. Les conflits en Ukraine et à Gaza restent bloqués, tandis que le risque d’une escalade militaire en Iran semble s’accroître. Aux États-Unis, la Cour suprême doit prochainement se prononcer sur la légalité des droits de douane instaurés par l’administration Trump, et une crise budgétaire liée au financement de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) reste possible.
Cependant, les taux d’intérêt restent modérés, à 3,43 % et 4,05 %. Malgré un ralentissement de l’inflation, les récentes données positives concernant l’emploi ont quelque peu freiné les anticipations d’une baisse des taux par la Réserve fédérale américaine (Fed), qui ne devrait pas intervenir avant le remplacement de son président, Jerome Powell, en mai.
La volatilité des marchés reste élevée. Les fondamentaux économiques restent solides, avec des prévisions de croissance de 6 % en 2026. Les analystes estiment que la volatilité actuelle pourrait représenter une opportunité d’achat, bien qu’il soit difficile de prévoir quand cette période d’incertitude prendra fin.