Home Accueil Le budget de Mamdani constitue une bombe politique pour Hochul – tout en rejetant la voie la plus prudente

Le budget de Mamdani constitue une bombe politique pour Hochul – tout en rejetant la voie la plus prudente

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New York est au bord d’une crise budgétaire majeure, le nouveau maire, Zohran Mamdani, pointant du doigt l’État et menaçant d’une forte augmentation des impôts fonciers si l’aide promise ne se traduit pas par une autonomie fiscale accrue pour la ville.

À la veille de la présentation de son premier budget, M. Mamdani a reçu de la gouverneure Kathy Hochul une enveloppe de 1,5 milliard de dollars (environ 1,4 milliard d’euros) provenant des fonds de l’État. Une aide qu’il a remerciée, tout en la transformant en une arme politique.

Mardi, le maire a averti que la ville fait face à un déficit budgétaire « historique » de 5,4 milliards de dollars (environ 5 milliards d’euros), qu’il estime impossible à combler sans l’une des deux « voies » qu’il a proposées. La première consisterait à obtenir de l’État le droit de « lever des impôts sur les entreprises ultra-riches et les plus rentables », une demande jusqu’à présent rejetée par Mme Hochul. La seconde, plus radicale, impliquerait une augmentation de 9,5 % de la taxe foncière municipale.

Une telle hausse serait la première à New York depuis 23 ans et seulement la deuxième en 45 ans. Elle aurait des conséquences désastreuses, non seulement pour les propriétaires, mais aussi pour le marché immobilier, risquant de précipiter davantage de propriétaires d’appartements locatifs réglementés dans la faillite.

M. Mamdani a catégoriquement exclu une troisième option, pourtant évidente : réduire les dépenses publiques. Son projet de budget s’élève à 127 milliards de dollars (environ 117 milliards d’euros), un montant considérablement plus élevé que les dernières estimations de son prédécesseur, Eric Adams, et reflétant sa volonté d’afficher une transparence accrue sur les coûts réels de la ville.

Cependant, l’optimisme budgétaire de M. Mamdani est jugé excessif par de nombreux observateurs. Malgré un ralentissement de la croissance de l’emploi à New York, son budget prévoit une croissance économique supérieure à celle du produit intérieur brut national pour les quatre prochaines années. Ses projections de recettes fiscales dépassent de plusieurs milliards de dollars les estimations des experts indépendants. Il anticipe ainsi un déficit de 6,6 milliards de dollars (environ 6 milliards d’euros) l’année prochaine, et un trou total de 20 milliards de dollars (environ 18,5 milliards d’euros) d’ici 2030.

Même en obtenant de Mme Hochul une augmentation des impôts pour les plus riches et en misant sur la poursuite de la prospérité de Wall Street, M. Mamdani risque de se retrouver à nouveau confronté à un déficit budgétaire dans un an.

Le budget prévoit également des avantages significatifs pour les puissants syndicats de la ville. Un accord conclu en 2018 avec l’ancien maire Bill de Blasio prévoyait des économies de 1 milliard de dollars (environ 920 millions d’euros) pour reconstituer un fonds de stabilisation de l’assurance maladie pour les employés municipaux. Ces économies ne se sont jamais matérialisées, et le fonds est désormais à sec. M. Mamdani a donc inscrit les obligations liées aux soins de santé dans le budget, pour un coût combiné de 2 milliards de dollars (environ 1,85 milliard d’euros) sur les deux prochaines années. Ces coûts seront partiellement compensés par un nouvel accord syndical-patronal visant à orienter les employés municipaux vers un régime d’assurance maladie moins coûteux, tout en maintenant une couverture sans franchise, un avantage rare dans le secteur privé et au sein de l’administration de l’État.

Mme Hochul a de bonnes raisons d’être irritée par ce message implicite adressé aux électeurs de la ville en pleine année électorale : si vos impôts fonciers augmentent, c’est de sa faute. Bien que sa réélection semble plus assurée qu’il y a quelques semaines, lorsque son lieutenant-gouverneur, Antonio Delgado, envisageait de la défier en primaire, l’ombre du Working Families Party (WFP) plane toujours. Le WFP a réservé une place sur la liste des candidats à la gouverneure, laissant la porte ouverte à un challenger potentiel pour saper le soutien de Mme Hochul à gauche. Quelques heures avant de dévoiler son budget, M. Mamdani a d’ailleurs nommé un dirigeant du WFP au poste de commissaire aux affaires internationales de la ville.

La semaine prochaine, des militants de gauche et des syndicalistes se rendront au Capitole de l’État pour faire pression en faveur du programme fiscal de M. Mamdani visant à taxer davantage les plus riches. Cette bataille budgétaire s’annonce épique, et M. Mamdani a d’ores et déjà gagné la bataille de l’attention médiatique. Pour éviter une nouvelle érosion de la base fiscale de l’État, déjà trop dépendante des millionnaires new-yorkais, Mme Hochul devra élaborer une stratégie pour gagner la guerre.

EJ McMahon est chercheur associé au Manhattan Institute.

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