L’écrivaine américaine Lauren Groff, déjà reconnue pour ses romans, notamment « Fates and Furies » plébiscité par Barack Obama en 2015, révèle ses influences littéraires en matière de nouvelle, un genre qu’elle maîtrise également avec brio. À l’occasion de la sortie imminente de son dernier recueil, « Brawler », elle partage ses lectures favorites.
Groff explore dans ses nouvelles des thèmes universels tels que le deuil, la parentalité, la violence envers les femmes et la quête de sécurité, ainsi que la manière dont nos aspirations façonnent notre réalité. Elle s’est confiée sur les autrices qui l’inspirent, et notamment Clarice Lispector.
Lispector, née en Ukraine en 1920, a fui les pogroms avec sa famille lorsqu’elle était bébé, avant de s’installer au Brésil. Son parcours a été marqué par les nombreux voyages liés à la carrière diplomatique de son mari. « Je pense qu’elle est un génie, il n’y a personne qui écrit comme elle », affirme Groff. Elle souligne l’originalité de son style, régi par des règles esthétiques rigoureuses et singulières. Lispector se concentre souvent sur l’intériorité des femmes et leur perception du monde. « Elle écrivait sur le monde tel que nous le connaissons, mais d’une manière oblique qui le rendait surréaliste », explique l’écrivaine américaine. Elle attribue cette perspective unique à son statut d’outsider, perceptible dans son œuvre.
Lauren Groff cite également « The Diving Pool » de Yoko Ogawa, un recueil de trois nouvelles qui, selon elle, frôlent l’horreur. « The Diving Pool », titre éponyme du recueil, la hante particulièrement. « Pregnancy Diary », une autre nouvelle issue de ce recueil, avait initialement été publiée dans The New Yorker. Elle décrit le style d’Ogawa, traduit par Stephen Snyder, comme hypnotique, composé de phrases simples dont l’accumulation crée un effet puissant.
Enfin, Groff exprime son admiration pour Joy Williams, qu’elle considère comme une grande maîtresse. « Son cerveau est tout simplement étrange, magnifique et merveilleux », s’enthousiasme-t-elle. Elle la cite régulièrement comme une source d’inspiration majeure.