Publié le 18 février 2026 23:57:00. Gabriel Rufián, porte-parole d’Esquerra Republicana de Catalunya (ERC), a lancé un appel à l’unité de la gauche alternative en Espagne, proposant une stratégie électorale coordonnée pour mieux contrer l’influence du parti d’extrême droite Vox.
- Rufián propose un programme commun articulé autour de quatre axes : antifascisme, droit à l’autodétermination et conditions de vie dignes pour tous.
- Il suggère que chaque parti de gauche se concentre sur les circonscriptions où il a le plus de chances de succès, évitant ainsi la dispersion des votes.
- Le politologue Pablo Simón tempère cet appel, soulignant les difficultés de mise en œuvre et les divergences stratégiques entre les différentes formations de gauche.
Dans une interview accordée à la Cadena SER, Gabriel Rufián a plaidé pour une approche plus pragmatique et efficace de la part de la gauche. Il a critiqué la multiplication des candidatures concurrentes, estimant qu’elle affaiblit l’ensemble du bloc progressiste. « Quel sens cela a-t-il que 14 gauchistes qui pensent la même chose se présentent pour la même place en se disputant les miettes ? », s’est-il interrogé.
Pour parvenir à une meilleure coordination, Rufián propose la création d’un groupe interparlementaire commun au Congrès des députés, chargé de négocier les futures lois. Il résume sa proposition par la formule : « chacun chez soi et antifascisme, droit à l’autodétermination et conditions de vie dignes pour tous ». L’objectif est clair : maximiser les chances de succès face à la montée en puissance de Vox, en concentrant les efforts sur les circonscriptions clés.
Le politologue Pablo Simón a analysé cette proposition dans l’émission Heure 25. Il met en garde contre une vision trop simpliste de l’unité électorale.
« Électoralement, cela ne signifie pas toujours qu’un plus un égale deux. Il y a une partie de l’électeur qui peut vous quitter parce qu’il n’aime pas que vous alliez avec un certain parti. »
Pablo Simón, politologue
Simón souligne que les différentes formations de gauche ont des intérêts et des stratégies divergentes. Il estime que les provinces où la gauche a le plus de chances de succès sont celles où plusieurs députés sont en jeu. Il met également en doute la faisabilité d’un accord rapide et global, insistant sur le fait que l’unité ne peut être improvisée.
« Nous pensons qu’il s’agit d’un effet mécanique supplémentaire et c’est tout, mais c’est beaucoup plus compliqué. L’unité n’est pas quelque chose qui se fait à la hâte et à la dernière minute. Si l’électeur voit qu’il existe une option électorale différenciée, c’est plus compliqué. »
Pablo Simón, politologue
En prenant l’exemple de Barcelone, Simón prédit que les électeurs pourraient avoir le choix entre trois listes de gauche : Esquerra Republicana, Comunes et Podemos. Cette fragmentation potentielle illustre les difficultés à mettre en œuvre une stratégie unifiée, malgré les appels à la coordination.