Publié le 2024-02-29 14:35:00. Des expériences troublantes menées sur des enfants autochtones dans un internat canadien dans les années 1940 refont surface, révélant une face sombre de la recherche scientifique et de la politique coloniale. L’étude, redécouverte récemment, interroge l’éthique de ces pratiques et leur lien avec le système des pensionnats forcé.
- Dans les années 1940, des chercheurs ont mené des expériences sur des enfants autochtones dans un internat du Manitoba, en testant leurs capacités supposées de perception extrasensorielle.
- Ces tests s’inscrivaient dans un contexte de coercition, les enfants n’ayant aucun choix quant à leur participation.
- La redécouverte de cette étude souligne l’imbrication de la science et de la politique coloniale au Canada et les abus subis par les enfants dans les pensionnats.
Une étude datant de 1943, publiée dans le « Journal of Parapsychology » par le chercheur A.A. Foster, a été récemment remise au jour par l’historien autochtone Maeengan Linklater. Cette enquête, longtemps oubliée, documente des expériences menées sur des élèves du pensionnat indien de Brandon, dans la province du Manitoba. Les chercheurs y cherchaient à évaluer la perception extrasensorielle (PES) des enfants.
Le pensionnat indien de Brandon n’était pas un cas isolé. Il faisait partie d’un vaste système de pensionnats financé par l’État, où des milliers d’enfants autochtones ont été séparés de leurs familles et soumis à une assimilation forcée à la culture euro-canadienne. Ces écoles, dont la dernière a fermé ses portes en 1996, ont été le théâtre de violences et d’abus, comme l’a révélé la Commission de vérité et réconciliation du Canada.
L’étude de 1943 portait sur un groupe de dix enfants, âgés de deux à vingt ans, qui ont participé aux tests pendant une année entière. On leur demandait de deviner des cartes ou des symboles cachés. Si leurs résultats dépassaient le niveau du hasard, cela était interprété comme un possible signe de PES. Cependant, il est important de noter qu’aucune confirmation indépendante de ces capacités n’a jamais été établie.
Les historiens insistent sur le fait que les enfants des pensionnats étaient placés sous la tutelle de l’État et n’avaient aucune possibilité réelle de refuser de participer à ces expériences. La redécouverte de cette étude est désormais perçue comme un témoignage poignant de la manière dont les expériences humaines sur les enfants autochtones étaient profondément ancrées dans l’histoire du Canada.
Parallèlement, des recherches menées aux États-Unis révèlent que le gouvernement américain s’est également intéressé aux capacités prétendument surnaturelles. Dans le cadre du programme secret « Star Gate », la CIA a exploré, dès les années 1970, des phénomènes tels que la télépathie et la visualisation à distance, dans l’espoir de les utiliser à des fins de renseignement. Le programme Star Gate a finalement été abandonné après que les experts ont conclu que les résultats obtenus n’étaient pas suffisamment fiables pour être utilisés par les services secrets.
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