Un militant suédois sera jugé à partir de ce jeudi pour des actions de protestation jugées illégales et potentiellement menaçantes envers deux ministres du gouvernement. L’homme est accusé d’avoir déposé des pommes peintes à l’effigie d’Adolf Hitler devant le domicile du ministre des Migrations, Johan Forssell, et une poupée menaçante devant celui du ministre de l’Aide et du Commerce, Benjamin Dousa.
L’individu, âgé de 43 ans et membre du groupe militant Rojavakommittéerna, a été arrêté par les services de sécurité suédois (Säpo) suite à ces incidents survenus en janvier. Il est resté en garde à vue depuis son arrestation, trois jours après l’incident devant le domicile de M. Dousa.
Selon l’accusation, ces actions dépassent les limites d’une protestation légale. Le procureur Carl Mellberg a précisé que l’un des actes pourrait être qualifié de menace aggravée. L’accusé reconnaît avoir commis les faits, mais conteste leur caractère criminel.
Ces protestations visent à dénoncer le soutien du gouvernement suédois au nouveau gouvernement syrien, issu d’un groupe militant islamiste opposé au régime de Bachar al-Assad. M. Forssell et M. Dousa ont été les premiers ministres suédois à se rendre à Damas depuis la chute de M. Assad, en novembre dernier.
Le procès se déroulera au tribunal de district de Solna. Outre l’accusé, les ministres Forssell et Dousa sont également appelés à témoigner, ainsi qu’un autre témoin. Le groupe Rojavakommittéerna avait publié des photos de ces actions sur les réseaux sociaux, attirant l’attention du public.
« Ces actions dépassaient le seuil légal d’une protestation autorisée, tandis que l’un des incidents pouvait en outre être considéré comme une menace aggravée », a déclaré le procureur Carl Mellberg, selon l’agence de presse TT.