Home International Une Delcy Rodríguez cubaine pourrait-elle émerger ? Les négociations discrètes entre les États-Unis et Cuba alors que l’île fait face à l’asphyxie énergétique

Une Delcy Rodríguez cubaine pourrait-elle émerger ? Les négociations discrètes entre les États-Unis et Cuba alors que l’île fait face à l’asphyxie énergétique

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Publié le 2026-02-19 05:28:00. Après le bouleversement politique au Venezuela, l’administration Trump examine de près Cuba, multipliant les pressions économiques et laissant planer la menace d’une intervention, tandis que des négociations discrètes seraient en cours.

  • L’administration américaine durcit l’étau économique sur Cuba, notamment en limitant l’approvisionnement en énergie.
  • Des contacts secrets entre Washington et La Havane ont été révélés, évoquant la possibilité d’une transition négociée.
  • La situation intérieure cubaine, fragilisée par le manque de soutien extérieur et les difficultés économiques, pourrait influencer la stratégie américaine.

Washington intensifie ses efforts pour isoler Cuba, dans un contexte géopolitique tendu et à l’approche d’une année électorale aux États-Unis. Le 29 janvier, le président Trump a signé un décret qualifiant le régime cubain de « menace inhabituelle et extraordinaire » pour la sécurité nationale américaine. Cette décision s’accompagne de sanctions visant les pays fournissant du pétrole à l’île, une stratégie rappelant celle employée au Venezuela avant la crise actuelle.

L’objectif principal de cette offensive est de mettre à mal la dépendance énergétique de Cuba, qui a perdu son principal fournisseur de pétrole brut subventionné suite aux troubles au Venezuela. Plusieurs alliés régionaux ont déjà réduit ou suspendu leurs livraisons, plongeant l’île dans une grave pénurie de carburant affectant les services essentiels, des transports aux hôpitaux en passant par les centrales électriques. L’ONU a d’ailleurs mis en garde contre un possible « effondrement humanitaire » si l’approvisionnement n’est pas rétabli.

Parallèlement à cette pression économique, des informations font état de négociations discrètes entre les États-Unis et le régime cubain. Mike Hammer, chef de la mission diplomatique américaine à La Havane, a récemment évoqué l’existence de « conversations avec certains très hauts responsables du régime », laissant entendre que des contacts secrets pourraient faciliter une transition encadrée, à l’image de ce qui s’est passé au Venezuela.

Cependant, la situation cubaine diffère de celle du Venezuela. L’île ne dispose pas des mêmes réserves pétrolières ni du même potentiel d’investissement énergétique. Elle possède néanmoins des gisements de minéraux critiques, notamment de cobalt, un composant essentiel des batteries pour véhicules électriques. Selon William LeoGrande et Peter Kornbluh, auteurs d’une analyse publiée par Politique étrangère, la stratégie américaine pourrait viser à obtenir des concessions concrètes de La Havane, telles que l’ouverture économique aux entreprises américaines, des restrictions à la coopération militaire avec la Russie et la Chine, et des compensations pour les biens expropriés après la révolution.

La faiblesse actuelle de Cuba, privée de soutiens extérieurs solides – la Russie étant concentrée sur l’Ukraine, la Chine évitant une confrontation directe avec Washington, et le Mexique se contentant d’une aide humanitaire – renforce la position américaine. Comme le souligne Robert Munks, analyste chez Verisk Maplecroft, « Cuba est plus vulnérable que jamais ».

L’administration Trump est également influencée par des considérations politiques internes. María Isabel Puerto Riera, professeure à l’Université du Colorado, explique qu’il existe une pression pour agir de manière similaire à ce qui s’est passé au Venezuela, une action qui serait bien accueillie par la communauté cubano-américaine, un électorat important en Floride, un État clé lors des élections. Le président Trump, à son dernier mandat, pourrait également chercher à laisser une empreinte durable en mettant fin au communisme à Cuba, un objectif de longue date du Parti républicain.

Toutefois, des divergences existent au sein de l’administration américaine. Si le sénateur Marco Rubio plaide pour un changement de régime, Donald Trump pourrait privilégier un accord qui modifie la relation bilatérale sans provoquer un effondrement total du système cubain, afin d’éviter une nouvelle crise migratoire vers la Floride.

L’embargo américain, en vigueur depuis 1962, pèse déjà lourdement sur la vie quotidienne des Cubains, dont le salaire moyen est d’environ 20 dollars par mois (valeur de 2026). La nouvelle offensive énergétique ne fera qu’aggraver cette situation. Le gouvernement Díaz-Canel a déjà réduit les heures de travail, fermé des établissements touristiques et rationné le carburant. Le président cubain a affirmé que la reddition n’est pas une option, tout en laissant la porte ouverte au dialogue « sans pression ni conditions préalables ».

La question centrale demeure de savoir si ces pressions mèneront à l’implosion du régime, à une transition négociée ou à un simple durcissement du statu quo. Eric Hershberg, politologue à l’Université américaine, souligne que le régime cubain est un « appareil hautement institutionnalisé, doté de services de renseignement sophistiqués et d’un leadership collectif ». Il n’existe, selon lui, aucune preuve de fissures internes exploitables.

Pour l’instant, l’administration Trump semble convaincue que le contexte régional lui est favorable. Avec le Venezuela sur une nouvelle trajectoire, des alliés caribéens prudents et une île au bord d’une crise énergétique sans précédent, Washington estime que la marge de manœuvre de La Havane se rétrécit. La suite des événements dépendra de la capacité de l’administration américaine à concilier ses objectifs stratégiques, ses considérations politiques internes et les réalités complexes de la situation cubaine.

Le président cubain, Miguel Díaz-Canel. Photo:AFP

Cuba est confrontée à des pannes d’électricité constantes et à une crise du carburant. Photo:EFE

Plusieurs compagnies aériennes ont suspendu leurs voyages à Cuba. Photo:AFP

Le Mexique envoie de l’aide humanitaire à Cuba. Photo:x : @SRE_mx

Washington s’aperçoit que la marge de manœuvre de La Havane se rétrécit, Photo:EFE.

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