Home International Début d’une grève générale en Argentine contre la réforme du travail

Début d’une grève générale en Argentine contre la réforme du travail

0 comments 30 views

Publié le 19 février 2026 à 19h38. Une grève générale a paralysé l’Argentine ce jeudi, alors que le Congrès se prépare à débattre d’une réforme du travail controversée portée par le gouvernement de Javier Milei, suscitant une forte mobilisation syndicale et des perturbations majeures dans le pays.

  • La grève générale de 24 heures, organisée par la Confédération générale du travail (CGT), a entraîné l’annulation de plus de 400 vols et affecté des dizaines de milliers de passagers.
  • Les transports en commun, notamment les trains, les bus et le métro, sont quasiment à l’arrêt, tandis que les ports et certains secteurs industriels sont également impactés.
  • Le gouvernement a annoncé qu’il déduirait les salaires des fonctionnaires participant à la grève, une mesure sans précédent en Argentine.

L’Argentine est au ralenti ce jeudi en raison d’une grève générale massive, appelée par la CGT et soutenue par d’autres syndicats, en protestation contre la réforme du travail proposée par le président Javier Milei. La mesure de force, qui a débuté à minuit, vise à faire pression sur les législateurs alors qu’ils examinent le projet de loi au Congrès.

Des dizaines de milliers de travailleurs se dirigent vers le Congrès à Buenos Aires, où les débats devraient être animés. La sécurité a été renforcée autour du bâtiment, dans un climat de tension palpable. Les trains, les avions, le métro et la majorité des lignes de bus ne fonctionnent pas, perturbant considérablement les déplacements à travers le pays. Plus de 64 000 passagers ont été affectés par l’annulation de plus de 400 vols, selon la Chambre des compagnies aériennes d’Argentine (JURCA).

La CGT, le plus grand syndicat argentin, a organisé cette quatrième grève générale sous le gouvernement d’extrême droite de Milei. Jorge Sola, l’un des secrétaires généraux de la CGT, a souligné l’importance de l’adhésion :

« La conformité est très importante, car hier soir, les secteurs manufacturiers travaillant de nuit ont commencé à abandonner leurs emplois. »

Treize syndicats se sont joints à l’appel à la grève, ainsi que les Travailleurs centraux d’Argentine (CTA). Même les services essentiels, comme les hôpitaux publics, connaissent des perturbations partielles. Parallèlement, des manifestations ont lieu dans différentes régions du pays.

La situation économique argentine, déjà fragile, est un facteur aggravant. Selon des sources syndicales, plus de 21 000 entreprises ont fermé leurs portes au cours des deux dernières années, entraînant la perte d’environ 300 000 emplois. La fermeture récente de Fate, la principale usine de pneus d’Argentine, avec le licenciement de plus de 900 travailleurs, est un exemple frappant de cette tendance. L’entreprise invoque une baisse de compétitivité due à l’ouverture des importations.

Le gouvernement a réagi en avertissant qu’il déduirait les salaires des employés du secteur public participant à la grève, une mesure inédite en Argentine. Le ministère du Travail a également appelé les travailleurs des transports en commun à renoncer à toute action directe.

Les estimations préliminaires de l’Institut d’économie de l’Université argentine de commerce (UADE) chiffrent le coût économique de la grève entre 400 et 600 millions de dollars américains, mais le montant final dépendra du niveau de participation. La réforme du travail avait déjà été approuvée par le Sénat le 12 février, après des affrontements entre la police et les manifestants près du Congrès.

La séance à la Chambre des députés, prévue à 14h00 heure locale (17h00 GMT), pourrait s’étendre sur plusieurs heures, voire jusqu’au lendemain, comme ce fut le cas lors des débats précédents sur des lois importantes.

CP (afp, efe)

Leave a Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.