Publié le 19 février 2026 à 22h55. Les marchés argentins ont affiché des performances contrastées ce jeudi, influencées par le vote parlementaire sur la réforme du travail et une grève nationale, malgré un rebond inattendu du S&P Merval en dollars.
- Le S&P Merval en dollars a enregistré sa meilleure journée de février, mettant fin à une série de quatre baisses consécutives.
- Le risque pays a dépassé les 520 points de base, tandis que les obligations en dollars ont reculé.
- La Chambre des députés a approuvé une réforme du travail controversée proposée par Javier Milei, déclenchant une grève générale de 24 heures.
Les marchés argentins ont connu une journée de fluctuations ce jeudi, tiraillés entre l’optimisme suscité par la performance du S&P Merval en dollars et les inquiétudes liées aux tensions sociales et politiques. Le principal indice boursier, exprimé en dollars, a bondi de 4,3 % à 1 962 points, après avoir subi une forte correction lors du cycle précédent, en partie due au long week-end de carnaval. Ce rebond a été porté par des valeurs comme Groupe Supervielle (+6,7 %) et Groupe Financier Galice (+6,5 %).
Cependant, cette amélioration ne s’est pas étendue à l’ensemble des actifs. Les obligations en dollars ont chuté, avec des baisses allant jusqu’à 1,3 % pour le Bonar 2041 et le Bonaire 2038 (-1 %). En conséquence, le risque pays a franchi la barre des 520 points de base, signalant une perception accrue du risque par les investisseurs.
Au cœur de ces mouvements se trouve la réforme du droit du travail proposée par le président Javier Milei. La Chambre des députés a adopté ce jeudi ce projet de loi controversé, qui a immédiatement provoqué une grève générale de 24 heures organisée par la CGT. Le texte, déjà approuvé par le Sénat la semaine dernière, devrait être modifié par la chambre basse avant d’être renvoyé au Sénat pour ratification finale. Le gouvernement et ses alliés disposent d’une majorité parlementaire pour assurer l’adoption de la réforme.
Parallèlement, les ADR (American Depositary Receipts) ont affiché des gains généralisés, allant jusqu’à 8 % pour Tenaris, suivis de Groupe Supervielle (+7 %) et Banque Macro (+7 %).
Selon Matías Waitzel, associé chez AT Inversiones, l’amélioration des performances des actifs argentins est due à une combinaison de facteurs internes et externes.
« Nous avons constaté une dynamique positive liée à des facteurs internationaux et nationaux. Les commentaires favorables de JP Morgan concernant les banques argentines ont ravivé l’intérêt pour le secteur. Le marché commence à évaluer le potentiel d’expansion du crédit dans un contexte de normalisation macroéconomique. »
Matías Waitzel, associé chez AT Inversiones
Il a également souligné l’impact des perspectives positives de Bank of America sur le secteur pétrolier et gazier, considéré comme solide et générateur de devises.
« En outre, Bank of America a maintenu une vision constructive sur le pétrole et le gaz. Il s’agit d’un secteur doté de fondamentaux solides et d’une forte génération de devises. »
Matías Waitzel, associé chez AT Inversiones
Sur le plan national, M. Waitzel a mis en avant l’avancement du régime d’innocence fiscale et la réforme du travail comme des signaux positifs pour le marché, ainsi que la poursuite de l’accumulation des réserves de la Banque Centrale.
Aux États-Unis, l’indice S&P 500 a reculé de 0,3 %, les investisseurs digérant le déploiement militaire américain au Moyen-Orient et les avertissements de Donald Trump concernant une éventuelle attaque contre l’Iran en l’absence d’accord nucléaire dans les dix jours. Cette situation a entraîné une hausse de 2,4 % du prix du pétrole WTI, atteignant 66,73 $ US (son plus haut niveau depuis août), tandis que le secteur financier a été affecté par les difficultés de Blue Owl Capital (-6 %), qui a restreint les retraits dans l’un de ses fonds de crédit privé, suscitant des craintes quant à la liquidité du marché.
Volatilité extrême pour Celulosa Argentina
L’action de Celulosa Argentina a connu une journée de forte volatilité, rebondissant de 50 % après avoir chuté de 40 % la veille, suite à l’annonce d’une enquête de la Commission Nationale des Valeurs Mobilières (CNV). L’enquête porte sur des soupçons d’utilisation d’informations privilégiées par Andreas Keller Sarmiento, directeur de la société, qui aurait vendu des millions d’actions entre octobre 2024 et février 2025 avant la publication de certaines informations financières.
La CNV a qualifié ces mouvements de « suspects » et a rappelé que le titre avait affiché une forte volatilité après l’annonce, le 5 mai 2025, de la vente d’une partie de la participation de la société mère, Tapebicuá Investment Company (TIC), afin d’injecter des liquidités. L’entreprise traversait alors une situation financière tendue, avec des problèmes de liquidités, une baisse des ventes et une augmentation des coûts et de l’endettement, un contexte qui reste sous surveillance.
Obligations et risque pays
À l’inverse, les obligations en dollars ont baissé, avec des reculs allant jusqu’à 1,3 % pour le Bonar 2041 et le Bonaire 2038 (-1 %). Le risque pays a augmenté de 1,7 % à 524 points de base. Les titres en dollars ont clôturé en baisse de 30 cents en moyenne, le Global 2041 perdant 40 cents, selon SBS.
Les obligations indexées sur le CER ont perdu 0,15 % en moyenne sur l’ensemble de la courbe. Le segment des taux fixes a connu des hauts et des bas, clôturant sans changements majeurs en moyenne. Enfin, les obligations à taux variable ont augmenté de 0,1 % en moyenne, à l’exception du TTD26, qui a perdu 0,3 %.